Le gouvernement militaire du Burkina Faso a officiellement rompu ses relations diplomatiques avec la France, dénonçant un « activisme incessant » et des « ambitions néocoloniales » de Paris.
Depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré en 2022, les tensions entre Ouagadougou et son ancienne puissance coloniale n’ont cessé de croître. Le régime burkinabè a multiplié les critiques contre l’influence occidentale et s’est tourné vers de nouveaux partenaires, notamment la Russie et la Chine.
Le vendredi 27 juin, le ministre de la Communication, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a annoncé à la télévision nationale la rupture des liens diplomatiques, accusant la France de mener des actions contraires aux intérêts du Burkina Faso.
De son côté, le ministère français des Affaires étrangères a qualifié cette décision d’« hostile et infondée », y voyant le signe d’une « dérive inquiétante » des autorités burkinabè. Paris a également exhorté ses ressortissants présents dans le pays à faire preuve d’une « vigilance accrue ».
Le Burkina Faso, comme le Mali voisin, fait face depuis plus de dix ans à une insurrection jihadiste. Les forces françaises, qui avaient participé aux opérations de sécurisation dans la région, ont été priées de quitter le pays après l’arrivée du capitaine Traoré, accusées de poursuivre un « agenda caché ».
Dans le communiqué officialisant la rupture, le gouvernement burkinabè estime que les conditions d’un « respect mutuel » ne sont plus réunies. Il reproche à Paris de soutenir « des réseaux subversifs » et de tenter de marginaliser le Burkina sur la scène diplomatique.
Les autorités précisent néanmoins que cette décision ne remet pas en cause les liens historiques, humains et culturels entre les deux peuples. La junte, qui avait promis un retour à l’ordre constitutionnel en 2024, n’a pas tenu cet engagement. En janvier 2025, elle a même dissous les partis politiques.
Enfin, en 2024, le Burkina Faso a rejoint le Mali et le Niger au sein de l’Alliance des États du Sahel, après avoir quitté la CEDEAO. La France n’a plus d’ambassadeur à Ouagadougou depuis janvier 2023, et trois diplomates français ont été expulsés en 2024 pour « activités subversives », une accusation rejetée par Paris.