Burkina Faso : expulsion de l’ONU après un rapport accablant sur les enfants
Le Burkina Faso, dirigé par une junte militaire depuis 2022, a expulsé cette semaine Carol Flore-Smereczniak, coordinatrice résidente des Nations Unies dans le pays. Elle a été déclarée persona non grata, une décision prise en réaction à un rapport critique de l’ONU dénonçant les graves violations des droits des enfants survenus entre juillet 2022 et juin 2024.
Cette expulsion s’inscrit dans une série de mesures hostiles envers les organisations internationales. En effet, Carol Flore-Smereczniak est la deuxième représentante de l’ONU à subir le même sort après Barbara Manzi, contrainte de quitter le pays en 2022. Ces événements révèlent une montée de l’intolérance de la junte envers toute forme de contrôle indépendant.
Un rapport accablant sur les violations des droits des enfants
Le rapport de l’ONU révèle des chiffres alarmants : 2 483 violations graves ont été commises à l’encontre de 2 255 enfants, incluant meurtres, enlèvements et recrutement forcé par des groupes armés et des forces de sécurité. Parmi ces abus, 65 % sont attribués aux groupes islamistes armés, tandis que le reste est imputable aux forces burkinabè et aux Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP).
Les attaques contre les écoles se sont également multipliées, et la détention d’enfants en raison de leur supposée affiliation à des groupes armés constitue une préoccupation majeure. Ces violations s’ajoutent à une répression systématique des médias, de l’opposition et des dissidents depuis le coup d’État de 2022.
Des tensions croissantes entre le Burkina Faso et l’ONU
La junte a vivement critiqué les conclusions du rapport, accusant Carol Flore-Smereczniak d’y avoir contribué. En mars 2025, le ministre des Affaires étrangères a dénoncé l’utilisation par l’ONU de termes comme « groupes armés non étatiques » pour désigner les groupes terroristes, ainsi que la qualification des VDP de « milices ». En juillet, il a exigé un recentrage des interventions onusiennes pour les aligner sur la vision gouvernementale.
Face à cette situation, les autorités militaires burkinabè devraient, au lieu de rejeter les critiques, collaborer avec l’ONU pour mettre en place un plan d’action concret visant à mettre fin à ces abus. La protection des enfants en période de conflit reste une priorité absolue.
Pourquoi cette expulsion suscite-t-elle l’inquiétude ?
- Une politique de rejet des critiques internationales : La junte multiplie les expulsions et les prises de position hostiles envers les organisations de défense des droits humains.
- Des violations documentées en hausse : Le rapport de l’ONU confirme une détérioration continue de la situation des enfants au Burkina Faso.
- Un isolement diplomatique croissant : Les tensions avec l’ONU pourraient aggraver l’isolement du pays sur la scène internationale.