15 juillet 2026
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Une page majeure s’est écrite pour le taekwondo ivoirien et africain. Depuis le 4 juillet 2026, une délégation exceptionnelle du Kukkiwon, emmenée par son président Grand Maître Yun Ung Suk, a posé les jalons d’une révolution sportive en Côte d’Ivoire. Objectif : faire d’Abidjan le cœur battant du taekwondo ouest-africain.

Des centaines de ceintures noires enfin reconnues à l’international

Du 9 au 14 juillet, 712 maîtres et instructeurs ivoiriens ont franchi une étape décisive en passant leurs examens de régularisation. Parmi eux, 15 candidats ont visé le prestigieux 7ème dan, tandis que 120 ont brigué le 6ème dan. Ces certifications, longtemps attendues, leur ouvrent désormais les portes des compétitions mondiales et des stages à l’étranger. Le Kukkiwon, autorité suprême basée à Séoul, valide désormais ces grades, offrant une reconnaissance internationale immédiate.

La Côte d’Ivoire, nouveau centre régional du taekwondo

Cette mission historique ne se contente pas de valider des grades. Elle consacre officiellement Abidjan comme hub africain du taekwondo pour seize pays d’Afrique de l’Ouest. Un protocole signé en juin 2025 avec la Fondation SIACADO avait posé les bases de cette ambition, désormais concrétisée. Les pratiquants de la sous-région pourront désormais passer leurs examens dans la capitale ivoirienne, sans se déplacer en Asie. Une avancée majeure pour le développement du sport sur le continent.

Pour le Grand Maître Yun Ung Suk, ce choix stratégique s’explique par l’excellence technique des Ivoiriens. Les fédérations nationales de la zone bénéficieront d’un accompagnement direct du Kukkiwon, renforçant ainsi la qualité des enseignements.

Un engagement politique fort

La délégation coréenne a été reçue par le vice-président Tiémoko Meyliet Koné, qui s’est vu remettre une ceinture noire honorifique de 8ème dan en signe de reconnaissance pour son soutien au développement du taekwondo. Le ministre des Sports et du Cadre de vie, Adjé Silas Metch, a réaffirmé la volonté de l’État ivoirien de renforcer ses liens avec la Corée du Sud.

En retour, le Grand Maître Yun Ung Suk a été élevé au rang de Commandeur dans l’Ordre du Mérite sportif ivoirien. Une première pour un président du Kukkiwon en visite officielle en Côte d’Ivoire.

Un essor sportif porteur de développement

La Côte d’Ivoire compte une communauté de taekwondoïstes en pleine croissance depuis les années 2000. La Fédération Ivoirienne de Taekwondo, reconnue par les autorités, organise des compétitions nationales et structure les clubs à travers le pays. Pourtant, jusqu’à présent, les grades locaux manquaient de reconnaissance internationale. Cette mission met fin à cette situation, offrant aux athlètes ivoiriens une crédibilité mondiale.

Avec le statut de hub régional, Abidjan devient un pôle d’attraction pour les pays voisins : Burkina Faso, Mali, Sénégal, Ghana, Togo, Bénin, Niger et bien d’autres. Les pratiquants de ces nations pourront désormais se former et obtenir des certifications sans quitter l’Afrique de l’Ouest.

Un modèle à suivre pour d’autres disciplines

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération sportive bilatérale. Elle illustre comment un pays peut devenir un acteur clé dans la promotion d’un sport à l’échelle continentale. Pour la Côte d’Ivoire, l’enjeu est double : renforcer son attractivité régionale et attirer des événements internationaux.

La mission du Kukkiwon s’achève mi-juillet. Les nouveaux diplômés recevront leurs certificats officiels dans les semaines à venir. Pour la Fédération Ivoirienne de Taekwondo, le défi est désormais de pérenniser cette dynamique et d’accompagner les autres pays de la zone, tout en maintenant un niveau technique irréprochable.