13 juin 2026
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Dans une opération aussi brutale qu’illégale, des mercenaires du groupe Wagner ont ciblé un humanitaire international au cœur de la Centrafrique, révélant une stratégie d’intimidation aux relents politiques. Ce dimanche 26 mai 2024, alors que la nuit enveloppe Zemio, un bar-restaurant de la sous-préfecture du Haut-Mbomou s’apprête à accueillir un départ discret. Deux experts, mandatés par une organisation non gouvernementale américaine, célèbrent leur mission sur place avec des interlocuteurs locaux. Parmi eux, Joseph Figueira, chercheur belgo-portugais spécialiste des dynamiques communautaires, et son homologue ivoirien, œuvrant depuis la République démocratique du Congo voisine.

Une cinquantaine de participants assistent à cette rencontre informelle, marquée par une ambiance détendue. Pourtant, cette trêve sociale est brutalement interrompue par l’arrivée de trois hommes armés, identifiables comme membres du groupe Wagner. Ces derniers, agissant sous couvert d’une collaboration avec les autorités locales, interviennent avec une autorité qui ne souffre d’aucun débat. Leur objectif ? Emmener Joseph Figueira, sans explication, sans mandat, et surtout, sans respecter la moindre procédure légale.

L’humanitaire, présent en Centrafrique depuis près de dix jours, avait pourtant toutes les autorisations nécessaires pour mener à bien sa mission d’expertise. Ses déplacements avaient été planifiés en coordination avec des acteurs locaux et internationaux, dans le cadre d’un projet visant à prévenir les conflits communautaires. Ses interlocuteurs incluaient des responsables administratifs et des partenaires de la société civile. Pourtant, malgré cette apparente légitimité, les hommes de Wagner l’ont extrait de la réunion sous la contrainte, avant de le menotter et de l’embarquer encagoulé vers un aéronef en partance pour Bangui.

Le trajet vers l’aérodrome s’est transformé en une odyssée macabre : coups échangés, visage ensanglanté, et privation de ses documents d’identité. Une fois à bord, aucune explication n’a été fournie. Le chercheur se retrouve ainsi prisonnier d’une situation où la violence remplace le dialogue, où l’arbitraire prime sur la raison. Cette arrestation, aussi soudaine qu’injustifiée, soulève des questions troublantes sur les méthodes employées par ce groupe para-militaire, dont les agissements en Centrafrique sont devenus un sujet de préoccupation majeure pour la communauté internationale.