7 septembre 2026
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Une initiative majeure pour lutter contre les violences basées sur le genre (VBG) se prépare à N’Djamena. L’Association des féministes leaders pour l’accès aux droits et à l’équité du genre au Tchad (AFLADEGT) organise, les 12 et 13 août 2026, un atelier crucial pour valider une étude inédite : la cartographie des services d’assistance juridique et psychosociale dédiés aux victimes. Ce projet, mené dans le cadre du programme WISH 2-WACA, a pour objectif principal d’optimiser l’accompagnement des victimes et de renforcer la synergie entre les acteurs impliqués dans leur prise en charge.

Un outil stratégique pour améliorer l’orientation des victimes

Durant deux journées de travail intensif, des représentants des ministères concernés, des organisations de la société civile, des partenaires techniques et financiers ainsi que des structures spécialisées se réuniront pour examiner et enrichir les conclusions de cette cartographie. L’enjeu est de taille : garantir à chaque victime un accès rapide et efficace aux services adaptés.

Lors de l’ouverture des débats, Wouténé Mélissa, présidente de l’AFLADEGT, a insisté sur le rôle central de cet outil. Pour elle, cette cartographie n’est pas un simple document statique, mais une boussole permettant d’orienter, de coordonner et d’influencer les politiques publiques en faveur des victimes.

« Quand une femme ou une jeune fille subit une agression, le temps est compté. Elle doit savoir, sans délai, où se tourner pour obtenir une aide juridique, un soutien psychologique ou une prise en charge médicale. Chaque seconde compte », a-t-elle souligné.

Des lacunes identifiées dans la prise en charge

L’étude révèle plusieurs faiblesses structurelles dans le dispositif actuel. Parmi les principaux constats : une couverture inégale des services selon les quartiers de N’Djamena, un manque d’espaces sécurisés pour un accueil confidentiel, ainsi qu’un déficit criant en ressources humaines et matérielles. Les mécanismes d’orientation entre les différents secteurs (santé, justice, protection) apparaissent également fragilisés, limitant l’efficacité de la prise en charge globale.

Dr Kadidja Amadaye Abgrene, directrice de la santé de la reproduction, a rappelé l’urgence d’agir. « Les violences basées sur le genre représentent une violation grave des droits fondamentaux. Malgré les avancées législatives et la création de centres multisectoriels, trop de victimes restent sans accompagnement juridique. Moins de 11 % des cas identifiés bénéficient d’un suivi judiciaire effectif. Les règlements à l’amiable, souvent imposés, l’absence d’information et les lacunes dans les procédures de référencement coordonné freinent une prise en charge digne et rapide », a-t-elle analysé.

Des recommandations pour un système plus efficace

Les conclusions de cette cartographie serviront de base pour formuler des propositions concrètes. Objectifs : renforcer les services existants, fluidifier les échanges entre les acteurs et mobiliser davantage de moyens. L’étude propose notamment de développer des espaces d’accueil sécurisés dans tous les arrondissements, d’améliorer la formation des professionnels et de clarifier les circuits d’orientation.

« Cette cartographie n’est pas une fin en soi, mais un levier pour transformer les pratiques », a insisté Dr Kadidja Amadaye Abgrene. « Elle doit guider les décisions publiques et inspirer des actions ciblées pour briser le cycle des violences. »