7 septembre 2026
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Les entrepreneurs togolais qui travaillent pour l’État peinent à obtenir des financements bancaires. Cette situation bloque de nombreux projets d’infrastructures et menace la santé financière des petites et moyennes entreprises (PME). La cause ? Un système où les retards de paiement s’accumulent, transformant les créances publiques en un fardeau pour toutes les parties.

Des retards de paiement qui paralysent les chantiers

Pour répondre aux appels d’offres publics, les entreprises togolaises ont souvent besoin d’emprunter. Mais lorsque l’État ou ses administrations mettent du temps à régler leurs factures, les banques se retrouvent dans une position délicate. Les crédits accordés aux PME basculent alors dans la catégorie des créances douteuses, obligeant les institutions financières à immobiliser leurs fonds propres pour couvrir les risques. Résultat : moins de liquidités disponibles pour accorder de nouveaux prêts.

Un cercle vicieux pour les PME et les banques

Sur le terrain, les témoignages sont unanimes. Les responsables de PME du secteur du BTP décrivent une situation intenable : « L’État exige des délais stricts pour les travaux, mais les banques suspendent nos lignes de crédit dès qu’un paiement accuse un retard. Nous devons alors puiser dans nos fonds propres pour honorer nos engagements, ce qui fragilise notre trésorerie. »

Les conditions d’octroi de crédits se durcissent également. Les banques réclament désormais des garanties quasi impossibles à réunir pour les préfinancements de marchés publics. Sans soutien extérieur, les petites structures locales se retrouvent exclues au profit de grands groupes mieux armés pour négocier.

Des pertes financières qui pèsent sur tout le secteur

En 2025, les banques de la zone UMOA ont enregistré des pertes nettes liées aux provisions élevées nécessaires pour couvrir les créances en souffrance issues de la commande publique. Le Togo n’est pas épargné par ce phénomène, qui menace la stabilité du système financier et freine la croissance.

Vers un modèle de partage des risques ?

Face à cette impasse, des experts comme le Dr LANDOZI Saharou plaident pour une refonte du système. Leur objectif ? Instaurer un partage équitable des risques entre l’État, les banques et les entreprises. Plusieurs pistes sont envisagées :

  • Un fonds de garantie dédié : Il permettrait de sécuriser les engagements des PME auprès des banques, réduisant ainsi les taux de provisionnement.
  • Des comptes séquestres : Ces outils assureraient une traçabilité rigoureuse des paiements publics, en affectant directement les fonds au remboursement des prêts.
  • La titrisation des arriérés : Transformer les créances publiques accumulées en titres négociables aiderait les banques à assainir leurs bilans et à retrouver de la liquidité.

Selon le Dr LANDOZI Saharou, ces réformes pourraient redonner aux banques leur rôle de moteur économique : « En sécurisant les financements, l’État pourrait relancer la commande publique tout en protégeant la rentabilité des institutions financières. » Une solution gagnant-gagnant pour redynamiser le secteur privé et soutenir le développement du Togo.