7 septembre 2026
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Tension entre le Nigeria et l’AES : les trois pays du Sahel répondent à Tinubu

Les dirigeants du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont manifesté leur profond regret suite aux déclarations du président nigérian Bola Ahmed Tinubu. Ce dernier avait affirmé, fin juillet à Abuja, que l’insécurité régnant au Mali, au Burkina Faso et au Niger aggravait les défis sécuritaires du Nigeria, évoquant notamment les enlèvements et les attaques perpétrés dans la région. Une prise de position qui a poussé l’Alliance des États du Sahel (AES) à réaffirmer l’importance de la coopération régionale.

Tension entre le Nigeria et l'AES : les trois pays du Sahel répondent à Tinubu

Une analyse jugée « simpliste » par Ouagadougou

Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a vivement réagi aux propos de Bola Ahmed Tinubu. Selon lui, cette analyse est trop rapide, simpliste et surprenante, car elle ne prend pas suffisamment en compte les sacrifices consentis par les forces de défense et les populations des trois pays pour lutter contre les groupes armés. Il a également rappelé que l’insécurité au Sahel ne peut être attribuée à un seul pays, mais qu’elle est le résultat de menaces transfrontalières complexes.

L’AES a souligné que ces déclarations risquent d’attiser les tensions entre des nations pourtant liées par une géographie et une histoire communes. Le ministre burkinabè a tenu à rappeler le rôle clé du Niger dans la lutte contre Boko Haram, une menace qui a longtemps pesé sur la sous-région avant que l’insécurité jihadiste ne s’étende au reste du Sahel.

Un appel à l’unité face à un ennemi commun

Ouagadougou a tenu à préciser que les pays de l’AES ont toujours évité de désigner publiquement le Nigeria comme responsable de certaines menaces transfrontalières. Pourtant, les liens entre Boko Haram et divers groupes armés actifs dans la région sont bien réels. Face à cette situation, le ministre a martelé : « Le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Nigéria font face au même ennemi ». Il a ainsi appelé à une réponse collective et a réaffirmé que l’AES ne cherche pas la confrontation avec Abuja.

Le chargé d’affaires nigérian au Burkina Faso a indiqué avoir pris bonne note de ce message et s’est engagé à le transmettre aux autorités de son pays. Cette passe d’armes intervient alors que le Nigeria et les pays de l’AES restent confrontés à des menaces sécuritaires qui dépassent les frontières nationales, malgré des approches politiques et militaires désormais très différentes.

Une insécurité qui transcende les frontières

Les trois pays de l’AES ont rappelé que la lutte contre le terrorisme doit être menée de manière concertée, car les groupes armés ne connaissent pas de limites administratives. Ils ont réaffirmé leur volonté de maintenir un dialogue franc, respectueux et constructif avec le Nigeria, tout en insistant sur l’urgence d’une coopération renforcée pour endiguer la propagation de l’insécurité dans le Sahel.