16 juillet 2026
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Vue de l'usine de la Sonara située à Limbé, au Cameroun.

Le Cameroun a pris une décision stratégique majeure en abandonnant le projet Parras 24 pour privilégier un partenariat public autour de la Sonara. Cette réorientation s’inscrit dans une volonté de renforcer le contrôle étatique sur un secteur clé de l’économie nationale.

La Société nationale de raffinage (Sonara), basée à Limbé, joue un rôle central dans la transformation du pétrole brut en produits raffinés. Après des années de collaboration avec des acteurs privés sous le modèle Parras 24, les autorités camerounaises ont jugé nécessaire de revoir leur approche pour maximiser les retombées économiques.

Pourquoi le Cameroun tourne la page de Parras 24 ?

Le projet Parras 24, lancé il y a quelques années, visait à moderniser et étendre les capacités de raffinage du Cameroun. Cependant, plusieurs obstacles ont conduit à son abandon progressif :

  • Retards dans les investissements privés : les partenaires internationaux n’ont pas honoré leurs engagements financiers dans les délais prévus, freinant le développement du projet.
  • Complexité administrative : les lourdeurs bureaucratiques ont ralenti les procédures, rendant difficile la mise en œuvre efficace du partenariat.
  • Enjeux de souveraineté économique : le gouvernement camerounais souhaite désormais conserver une maîtrise totale sur ses ressources énergétiques, en s’appuyant sur des acteurs publics.

Face à ces défis, l’État camerounais a décidé de miser sur un modèle 100% public. Cette transition permet de garantir une meilleure coordination des investissements et une gestion plus transparente des ressources.

Un nouveau départ pour la Sonara

En se recentrant sur la Sonara, le Cameroun mise sur une structure déjà bien implantée et dotée d’une expertise reconnue. Plusieurs mesures ont été annoncées pour dynamiser l’entreprise :

  • Modernisation des infrastructures : des fonds publics seront alloués pour moderniser les installations de Limbé et augmenter la capacité de production.
  • Renforcement des compétences locales : des programmes de formation seront mis en place pour améliorer l’expertise des employés de la Sonara.
  • Stratégie d’autosuffisance : l’objectif est de réduire la dépendance aux importations de produits pétroliers raffinés en optimisant la production locale.

Cette réorientation s’inscrit dans une logique de développement durable et de résilience économique. En contrôlant pleinement sa filière pétrolière, le Cameroun souhaite sécuriser son approvisionnement énergétique et créer des emplois locaux.

Réactions et perspectives

Les acteurs économiques et politiques camerounais saluent cette décision. « C’est une étape cruciale pour notre indépendance énergétique », a déclaré un responsable du ministère de l’Énergie. « La Sonara, avec le soutien de l’État, est désormais mieux armée pour relever les défis du secteur. »

Les observateurs estiment que cette transition pourrait attirer de nouveaux investissements publics et renforcer la position du Cameroun sur le marché africain des produits raffinés. Cependant, des questions subsistent quant à la rapidité de la mise en œuvre et à l’efficacité des nouvelles mesures.

Une chose est sûre : le Cameroun a choisi une voie ambitieuse pour son avenir énergétique, en plaçant la Sonara au cœur de sa stratégie nationale.