26 mai 2026
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Sénégal : le président diomaye faye rompt avec son premier ministre sonko

Le Sénégal traverse une crise politique sans précédent. Vendredi 22 mai 2026, le président Bassirou Diomaye Faye a pris la décision radicale de démettre son Premier ministre, Ousmane Sonko, mettant fin à leur tandem exécutif historique. Cette rupture brutale bouleverse l’équilibre des institutions et marque un tournant dans la gouvernance du pays.

un décret présidentiel pour acter la séparation

L’annonce a été officialisée par la signature du décret n°2026-1128, publiée en fin de journée. Ce texte constitutionnel consacre la fin immédiate des fonctions d’Ousmane Sonko à la tête du gouvernement. Le président Faye s’est appuyé sur les articles 42, 43, 53 et 56 de la Constitution sénégalaise pour justifier cette décision. L’article premier du décret est sans appel : « il est mis fin aux fonctions de M. Ousmane Sonko, Premier ministre de la République du Sénégal ».

Cette mesure entraîne automatiquement la dissolution du gouvernement. Selon les dispositions légales, tous les ministres et secrétaires d’État sont également relevés de leurs fonctions. Toutefois, le décret précise qu’ils assureront les affaires courantes en attendant la formation d’un nouveau cabinet.

l’ère d’un duo politique unique

Pour comprendre l’ampleur de cette rupture, il faut revenir sur la genèse de ce binôme politique. Ousmane Sonko, figure charismatique du PASTEF, avait mené une opposition déterminée contre l’ancien régime. Après son exclusion de la présidentielle de 2024 pour des raisons judiciaires, il avait choisi de soutenir son lieutenant, Bassirou Diomaye Faye, comme candidat de substitution.

Prisonniers ensemble en 2023, les deux hommes avaient forgé une alliance symbolisée par le slogan « Diomaye, c’est Sonko ». Porté par cette dynamique populaire, Bassirou Diomaye Faye avait remporté l’élection présidentielle dès le premier tour, le 24 mars 2024. Dès son investiture le 2 avril 2024, il avait nommé Ousmane Sonko au poste de Premier ministre, instaurant une gouvernance bicéphale inédite en Afrique.

des divergences apparues avec le temps

Si leur collaboration avait été présentée comme une fusion harmonieuse, les réalités du pouvoir ont progressivement révélé des divergences profondes. Ousmane Sonko, défenseur d’un souverainisme affirmé, a multiplié les prises de position tranchées sur la scène internationale, les contrats miniers et la réorientation des partenariats traditionnels.

De son côté, le président Faye a dû concilier ces ambitions avec les exigences de la gestion économique, de la stabilité diplomatique et de la confiance des investisseurs. Les tensions se sont cristallisées lors du remaniement ministériel du 6 septembre 2025 (décret n°2025-430), révélant des luttes d’influence entre les partisans de Sonko et les technocrates proches du chef de l’État.

Cette cohabitation, où le Premier ministre incarnait la légitimité populaire tandis que le président détenait l’autorité constitutionnelle, a créé un équilibre instable. L’ombre persistante d’Ousmane Sonko sur les décisions présidentielles a fini par questionner la répartition réelle du pouvoir.

quels défis pour le Sénégal après cette rupture ?

Avec ce limogeage, Bassirou Diomaye Faye reprend le contrôle total de l’appareil d’État, s’affranchissant de l’influence de son ancien mentor. Une nouvelle phase politique s’ouvre pour le pays, marquée par de nombreuses incertitudes.

Le choix d’Ousmane Sonko reste un mystère : optera-t-il pour une opposition discrète, une rupture stratégique ou un retour en force, s’appuyant sur son électorat toujours mobilisé ? La composition du futur gouvernement, attendue dans les heures à venir, pourrait éclairer les orientations du président Faye pour la suite de son quinquennat.