7 septembre 2026
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Le contrat liant l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) à l’entreprise espagnole AEE Power s’impose comme un sujet brûlant à Dakar. Thierno Alassane Sall, président de La République des valeurs et député à l’Assemblée nationale, dénonce avec véhémence la duplicité du parti au pouvoir, Pastef, sur ce dossier emblématique des tensions entre l’exécutif et une partie de l’échiquier politique. L’ancien ministre de l’Énergie ne mâche pas ses mots : il dénonce un double langage qui contraste avec les promesses de transparence portées par la nouvelle majorité.

Un programme d’électrification rurale au cœur des polémiques

Ce contrat, qui vise à raccorder des milliers de villages sénégalais au réseau électrique national, soulève depuis des mois des interrogations sur son exécution. Les décaissements, les livraisons et les résultats concrets font l’objet de vives critiques. Pourtant, avant leur arrivée au pouvoir, les cadres de Pastef dénonçaient ce même dossier comme un exemple de mauvaise gestion imputable à l’ancien régime. Une fois aux responsabilités, ils doivent désormais gérer cet héritage contractuel, ce que Thierno Alassane Sall met en exergue pour souligner leurs contradictions.

Pastef sous le feu des critiques de Thierno Alassane Sall

Spécialiste reconnu des questions énergétiques, l’ancien ministre reproche au parti de Ousmane Sonko et au président Bassirou Diomaye Faye de ne plus pouvoir se cacher derrière leur rôle d’opposants. Il fustige une incohérence entre les promesses d’audit systématique des contrats opaques et la gestion actuelle du dossier AEE Power. Pour lui, cette approche sélective affaiblit la crédibilité de la promesse de rupture affichée depuis mars 2024.

Thierno Alassane Sall s’interroge également sur la communication autour de ce litige. Les incertitudes concernant une éventuelle résiliation, les pénalités encourues ou l’état des paiements déjà effectués alimentent les suspicions. Il exige une clarification devant les députés, rappelant que l’Assemblée nationale est l’instance légitime pour trancher un différend engageant l’argent public et la réputation internationale du Sénégal.

Un dossier qui engage la souveraineté et la crédibilité du Sénégal

Au-delà de l’affrontement politique, ce contentieux interroge la solidité du secteur énergétique sénégalais. L’électrification rurale, financée à hauteur de plusieurs dizaines de milliards de francs CFA, est cruciale pour réduire les inégalités d’accès à l’électricité entre les territoires. Une rupture brutale du contrat pourrait exposer l’État à des procédures d’arbitrage international coûteuses, comme en témoignent d’autres litiges traités devant le Cirdi ces dernières années.

Pour les partenaires financiers et techniques, la gestion de ce dossier par les nouvelles autorités servira de référence. Une résolution transparente renforcerait la confiance des bailleurs et des investisseurs étrangers. À l’inverse, une approche perçue comme politique pourrait renchérir le coût des futurs financements et compliquer l’attractivité des appels d’offres dans le secteur énergétique.

Cette prise de position de Thierno Alassane Sall survient alors que l’exécutif avance une stratégie de redevabilité ciblant les anciens responsables. En pointant les contradictions de Pastef sur AEE Power, l’opposant recentre le débat sur les pratiques actuelles du pouvoir. L’issue dépendra des documents que la commission parlementaire compétente rendra publics et des déclarations officielles de l’ASER dans les semaines à venir. Le député maintient sa demande de totale transparence sur ce dossier sensible.