9 juin 2026
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À quelques jours de la célébration de la Tabaski, la capitale malienne, Bamako, voit affluer sur ses marchés une quantité importante de moutons. Ces animaux, essentiels pour la fête, sont désormais visibles en grand nombre sur les principaux axes routiers et espaces publics. Une situation qui contraste avec les semaines précédentes, marquées par des perturbations majeures dans les livraisons.

Les convois transportant ces ovins bénéficient désormais d’une protection militaire active. En effet, l’armée malienne a déployé des moyens pour escorter ces camions, une mesure prise face aux multiples attaques perpétrées par des groupes armés le long des axes routiers.

Plusieurs transporteurs n’ayant pas pu bénéficier de cette escorte ont vu leurs véhicules détruits par des incendies criminels. Ces actes, revendiqués par des éléments du Jnim, affilié à Al-Qaïda, ont entraîné une hausse significative des prix des moutons sur les étals de Bamako.

Un trajet sous haute tension entre Ségou et Bamako

La route nationale 6, reliant Ségou à Bamako, s’est transformée en un parcours à haut risque depuis fin avril. Sur ce tronçon de plus de 200 kilomètres, les djihadistes procèdent régulièrement à l’incendie de véhicules, qu’ils soient de transport ou privés. Leur objectif : maintenir un blocus économique sur la capitale, selon leurs propres déclarations.

Face à cette menace persistante, les forces armées maliennes ont intensifié leurs opérations. Des frappes aériennes sont menées quotidiennement, tandis que des patrouilles et des escortes militaires sont organisées pour faciliter le passage des convois et des marchandises.

Témoignages d’un périple périlleux

Un éleveur originaire de la région de Ségou a partagé son expérience traumatisante. Arrivé à Bamako en début de semaine, il a dû faire face à une attaque près de Zambougou :

« Alors que nous roulions en direction de Bamako avec un camion transportant des moutons, des projectiles ont été lancés sur notre véhicule par les djihadistes. Le chauffeur, pris de panique, a dû s’arrêter pour mettre à l’abri les passagers et les animaux. Peu après, les assaillants ont mis le feu au camion, réduisant en cendres notre cargaison et nos effets personnels. Nous avons ensuite dû marcher sur plusieurs kilomètres jusqu’à Konobougou, avant de trouver un moyen de transport collectif pour rejoindre Bamako grâce à une escorte militaire entre Konobougou et Zantiguila. »

Impact économique sur les prix des moutons

Les attaques répétées ont eu un effet immédiat sur les coûts. Le transport d’un mouton, qui coûtait environ 2 000 francs CFA en zone rurale, atteint désormais 5 000 à 6 000 francs CFA à Bamako. Cette flambée des prix s’explique également par la rareté des animaux disponibles sur les marchés.

Un chef de famille rencontré dans le quartier Sans Fil de Bamako a témoigné de cette hausse :

« L’année dernière, un mouton coûtait 125 000 francs CFA. Cette année, le même animal se négocie à 175 000 francs CFA ici, et jusqu’à 200 000 ou 250 000 francs CFA dans d’autres quartiers de Bamako. Ces prix exorbitants sont directement liés au blocus imposé sur les routes. Nous espérons de tout cœur que cette situation s’améliora rapidement. »

Vente promotionnelle pour soutenir les familles

Pour atténuer l’impact de cette crise sur les ménages, les autorités locales ont décidé de lancer dès demain une campagne de vente promotionnelle de moutons dans plusieurs sites stratégiques de Bamako. Les lieux retenus pour cette opération incluent les terrains municipaux de Sogoniko, de l’hippodrome et de Torokorobougou, ainsi que le terrain Sahaba de Lafiabougou et l’ancien terrain de l’AS Real au Badialan I.

Ces mesures visent à rendre les moutons accessibles à un plus grand nombre de familles, malgré les contraintes actuelles.