La SADC exige le respect des accords de paix pour stabiliser l’est de la RDC
La Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) a tiré la sonnette d’alarme face à l’aggravation de l’instabilité dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Lors d’un sommet extraordinaire de la Troïka de l’Organe sur la politique, la défense et la coopération en matière de sécurité, convoqué le 22 juin 2026, les dirigeants africains ont réitéré leur soutien aux accords de Doha et de Washington. Ces textes, soutenus par l’Union africaine (UA), visent à rétablir un cessez-le-feu durable dans une région en proie à des conflits récurrents.
Enoch Kamzingeni Chihana, deuxième vice-président du Malawi et représentant le président malawite Arthur Peter Mutharika, a présidé cette réunion virtuelle. L’objectif affiché était de renforcer les mécanismes africains de prévention des crises et de consolider la stabilité régionale. La SADC a souligné l’urgence d’agir pour éviter que l’instabilité ne s’étende au-delà des frontières congolaises.
Une situation sécuritaire critique dans l’est de la RDC
Les participants au sommet ont exprimé leur profonde préoccupation face à la détérioration de la situation dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Selon le communiqué final, la résurgence de violences menace non seulement la paix nationale, mais aussi les efforts d’intégration économique et politique de la région. Les rebelles du M23, actifs depuis plusieurs années, continuent de défier les autorités de Kinshasa, malgré les engagements pris dans les cadres diplomatiques.
Les dirigeants ont rappelé que les accords de Doha et de Washington, négociés sous l’égide de l’UA, restent les seuls cadres légitimes pour une résolution pacifique du conflit. Le respect strict des cessez-le-feu et la reprise du dialogue entre toutes les parties sont présentés comme des priorités absolues.
L’épidémie d’Ebola et les tensions régionales
En parallèle des violences armées, la SADC a également évoqué la résurgence de l’épidémie d’Ebola dans l’est du pays. La solidarité avec le peuple congolais a été réaffirmée, alors que les autorités sanitaires locales peinent à contenir la propagation du virus dans un contexte de crise humanitaire.
Les tensions entre la RDC et le Rwanda, accusé de soutenir les groupes armés, ont également été abordées. Kinshasa a récemment renforcé son dossier judiciaire et économique contre Kigali, s’appuyant sur des rapports d’organisations internationales comme Human Rights Watch et Global Witness.
Des recommandations en vue du sommet des chefs d’État
Pour donner un nouvel élan aux efforts de paix, la Troïka de la SADC a formulé plusieurs recommandations. Celles-ci seront soumises au 46ᵉ Sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernement de la SADC, prévu du 16 au 17 août 2026 à Durban, en Afrique du Sud. Ce sommet marquera le début de la présidence sud-africaine de l’organisation pour douze mois.
Dans l’attente de décisions concrètes, les observateurs s’interrogent sur l’efficacité des initiatives diplomatiques actuelles. Les processus de paix menés par l’Afrique, bien que soutenus par la communauté internationale, peinent à se concrétiser sur le terrain. Chaque partie continue d’interpréter les accords à sa manière, rendant leur mise en œuvre incertaine.
La situation dans l’est de la RDC reste donc un défi majeur pour la stabilité de la région, alors que les populations civiles subissent de plein fouet les conséquences des violences et de l’absence de perspectives politiques.
Les rebelles du M23 à Kibumba.