La France a annoncé la rupture immédiate de ses relations diplomatiques avec le Burkina Faso, marquant un tournant dans les tensions persistantes entre les deux nations. Cette décision radicale fait suite à l’annonce, le 26 juin dernier, par les autorités militaires burkinabè de mettre fin unilatéralement à tout lien officiel avec Paris. Dans un communiqué officiel, le ministère français des Affaires étrangères a convoqué le chargé d’affaires burkinabè à Paris pour lui signifier cette mesure, appliquant le principe de réciprocité.
Concrètement, tout le personnel diplomatique burkinabè en France doit quitter le territoire sous sept jours. Cette réponse ferme s’inscrit dans un contexte de dégradation continue des relations bilatérales, amorcée depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré après le coup d’État de septembre 2022. Depuis cette date, les autorités de transition au Burkina Faso ont multiplié les critiques envers la France, l’accusant de menées contraires à ses intérêts et exigeant son retrait progressif du pays.
Paris a catégoriquement rejeté les allégations burkinabè selon lesquelles la France soutiendrait des groupes terroristes. « Ces accusations sont infondées et dénuées de tout fondement », a déclaré un porte-parole du Quai d’Orsay, réaffirmant la condamnation absolue du terrorisme et l’engagement français dans la lutte contre les groupes armés au Sahel.
Face à cette escalade, le gouvernement français a également appelé ses ressortissants présents au Burkina Faso à renforcer leur vigilance. Selon les dernières estimations, plus de 2 000 Français résident actuellement au Burkina Faso, tandis que la communauté burkinabè en France s’élève à plus de 6 000 personnes. Cette mesure vise à garantir leur sécurité dans un contexte où les relations entre les deux pays se tendent chaque jour davantage.
Les tensions entre Ouagadougou et Paris ne datent pas d’hier. Dès 2023, le Burkina Faso avait déjà exigé le départ de l’ambassadeur de France, annulé l’accord de coopération militaire scellé avec Paris et mis fin à la présence des troupes françaises engagées dans la lutte antiterroriste. Depuis cette rupture, le pays a diversifié ses alliances en se rapprochant de partenaires comme la Russie, la Turquie ou encore l’Iran, reflétant une volonté affichée de s’affranchir de l’influence occidentale.