Le Mali et l’Algérie ont officiellement acté, le 10 juillet 2026, la fin d’une année de tensions diplomatiques. Bamako a annoncé le retour de son ambassadeur à Alger, tandis qu’Alger a fait de même pour son représentant à Bamako. Ce revirement spectaculaire intervient dans un contexte régional marqué par une dégradation rapide de la situation sécuritaire au nord du Mali.
En février dernier, les autorités maliennes avaient catégoriquement démenti les rumeurs évoquant un rétablissement des relations avec l’Algérie. Le ministère des Affaires étrangères avait alors qualifié ces informations de « totalement fausses et sans fondement », accusant des « acteurs malveillants » de vouloir semer le trouble. Pourtant, moins de cinq mois plus tard, le gouvernement de transition malien a publié un communiqué officiel (n° 2026-003) confirmant le rétablissement des liens diplomatiques.
Cette volte-face s’explique en grande partie par l’évolution du rapport de force au Sahel. Depuis l’offensive conjointe lancée le 25 avril 2026 par le Front de libération de l’Azawad (FLA) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), la junte malienne fait face à une coalition inattendue. Ces groupes armés, traditionnellement rivaux, ont uni leurs forces pour contrer la présence des autorités de Bamako et de leurs alliés, notamment les mercenaires russes du Corps Africa. Cette alliance a coûté la vie au ministre malien de la Défense, Sadio Camara, et a conduit à la reprise de Kidal par les rebelles.
Dans ce contexte de crise aiguë, l’Algérie a maintenu une position pragmatique. Tout en renforçant ses liens avec Niamey et Ouagadougou, Alger a laissé la porte ouverte à un dialogue avec Bamako. La réouverture simultanée des espaces aériens des deux pays a marqué un tournant symbolique dans leurs relations.
Un changement stratégique dans le nord malien
La situation à Kidal et Anéfis illustre l’ampleur des défis auxquels fait face le Mali. Ces villes, stratégiques, sont devenues les théâtres d’affrontements entre les forces gouvernementales, les groupes armés touaregs et les djihadistes. La perte de Kidal, reprise par le FLA et le Jnim, a illustré la fragilité des positions maliennes et la nécessité d’une réévaluation des alliances régionales.
Cette dynamique a poussé Bamako à reconsidérer sa position vis-à-vis de l’Algérie. Après des mois de méfiance, le gouvernement malien a finalement accepté l’offre de médiation algérienne, perçue comme une opportunité de stabiliser la région. Le retour des ambassadeurs s’inscrit dans cette logique de coopération renouvelée.