
Lundi 29 juin, à Genève, une commission d’enquête indépendante mandatée par l’ONU a présenté des informations alarmantes sur la situation dans l’est de la République démocratique du Congo. Les experts décrivent des violences d’une « gravité exceptionnelle », incluant violences sexuelles, exécutions sommaires et recrutement forcé d’enfants. La région, riche en minerais, est en proie à des conflits armés depuis plus de trente ans, impliquant notamment l’armée congolaise et le groupe rebelle M23 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Une situation humanitaire alarmante
Devant le Conseil des droits de l’homme, la commission a rapporté des témoignages faisant état d’une détérioration grave de la situation dans ces deux provinces. Les habitants y sont décrits comme « vulnérables et sans protection », alors que le conflit s’intensifie et que les institutions publiques s’affaiblissent. Le président de la commission, Arnauld Akodjenou, a déclaré : « Les informations portées à notre attention font état d’une situation d’une gravité exceptionnelle. » Il a précisé que les enquêteurs ont recueilli des témoignages « profondément préoccupants » concernant les enfants, des violences sexuelles liées au conflit « y compris l’esclavage sexuel », le recrutement forcé, des homicides illégaux, des arrestations arbitraires et des attaques contre des écoles et des centres de santé.
Enquête en cours et appels à l’action
Créée par le Conseil des droits de l’homme, la commission enquête sur les violations présumées du droit international humanitaire et des droits humains commises dans les deux provinces de l’est de la RDC. Elle souligne que ses investigations en sont encore à un stade préliminaire et qu’elle ne peut pas encore se prononcer de manière définitive « sur la nature ou l’ampleur des violations, ni de tirer des conclusions définitives ». Cependant, la commission indique avoir également reçu des informations sur des entraves à l’accès humanitaire, des mauvais traitements dans des lieux de détention, et des menaces contre des défenseurs des droits humains et des journalistes qui documentent les abus. Les experts appellent toutes les parties au conflit à garantir un accès humanitaire « sûr, rapide et sans entrave » et exhortent les autorités congolaises ainsi que la communauté internationale à soutenir des enquêtes « crédibles et indépendantes » et à renforcer la protection des civils. Arnauld Akodjenou a conclu : « Les souffrances portées à notre attention appellent plus que de la préoccupation. Elles exigent une attention soutenue, une enquête rigoureuse et un engagement international déterminé. »