23 juin 2026
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La République démocratique du Congo (RDC), le Rwanda et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) veulent accélérer le rapatriement volontaire des réfugiés rwandais. Réunis lundi 22 juin 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie, les trois partenaires ont fait le point sur les avancées et décidé de nouvelles mesures pour augmenter les retours.

D’après le communiqué conjoint rendu public à l’issue de cette rencontre ministérielle tripartite de haut niveau, 8 394 réfugiés rwandais vivant en RDC ont déjà été rapatriés depuis janvier 2025. Parmi eux, 2 347 sont rentrés au Rwanda depuis le début de l’année 2026.

« Les Parties ont reconnu les progrès accomplis dans le cadre du rapatriement volontaire de la RDC vers le Rwanda, notant que 8 394 personnes ont été rapatriées en toute sécurité et dans la dignité depuis janvier 2025, dont 2 347 en 2026 », précise le document.

Fortes de ces résultats, les parties visent désormais un objectif plus élevé pour l’année en cours.

« Les Parties ont encouragé la poursuite de cette dynamique positive, observant qu’un objectif de 10 000 rapatriements volontaires est prévu pour 2026 », ajoute le communiqué.

Le volet des réfugiés congolais encore en suspens

Les discussions ont également porté sur le retour des réfugiés congolais installés au Rwanda. Les participants ont reconnu que ce volet du processus n’a pas encore été mis en œuvre. Pour y remédier, plusieurs mesures préparatoires ont été arrêtées.

« Les Parties ont convenu qu’à compter d’octobre 2026, la RDC définirait des zones de retour prioritaires, sur la base des enquêtes d’intention de retour et des informations sur les lieux fournies par le Rwanda. »

Pour renforcer le suivi, Kinshasa, Kigali et le HCR ont convenu de se réunir régulièrement.

« Les Parties sont convenues d’organiser des réunions transfrontalières trimestrielles formelles, en présentiel ou en visioconférence, la première devant se tenir en septembre 2026, afin de renforcer la coordination et de soutenir la mise en œuvre du rapatriement volontaire. »

Un point de passage frontalier a été désigné pour faciliter les retours.

« Les Parties sont convenues d’utiliser le point de passage frontalier de Kamanyola (Sud-Kivu, RDC) – Bugarama (Rwanda) afin de faciliter le retour volontaire, sûr et digne de plus de 3 600 réfugiés rwandais actuellement dispersés sur une vaste zone géographique du sud de la province du Sud-Kivu. »

La RDC s’est engagée à aménager des voies de transit pour permettre aux candidats au retour de rejoindre ce point de passage depuis différentes localités du Sud-Kivu.

« Le Rwanda s’est engagé à poursuivre le rapatriement volontaire des réfugiés rwandais en RDC, en tenant compte du contexte sanitaire régional actuel et des directives de santé publique relatives à la maladie à virus Ebola. »

Les trois parties ont réaffirmé leur confiance dans le rôle du HCR pour trouver des solutions durables aux déplacements forcés. Elles ont également convenu d’organiser une nouvelle réunion ministérielle tripartite en juin 2027, dont la date et le lieu seront communiqués ultérieurement.

« Les Parties ont reconnu le rôle du HCR en tant qu’acteur neutre, impartial et humanitaire, mandaté par la communauté internationale pour assurer la protection internationale et rechercher des solutions durables pour les réfugiés. »

Cette réunion s’inscrit dans le cadre des accords tripartites signés le 17 février 2010 sur le rapatriement volontaire des réfugiés. Elle respecte également les principes de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, son Protocole de 1967 et la Convention de l’OUA de 1969.

Un enjeu central dans les processus de paix

La question des réfugiés a toujours été un point de discorde entre Kinshasa et Kigali, mais aussi entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23. C’est pourquoi elle a été intégrée aux discussions menées dans le cadre de l’Accord de paix de Washington, signé entre la RDC et le Rwanda sous l’égide des États-Unis. Elle est également au cœur du processus de Doha, engagé après la signature de la déclaration de principes entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, sous la médiation du Qatar.

Dans ces deux initiatives diplomatiques, la problématique des réfugiés occupe une place centrale. Cependant, la mise en œuvre de ces engagements accuse un retard notable. Alors que ces processus de paix avaient suscité beaucoup d’espoir dans l’Est de la RDC, les résultats concrets tardent à se matérialiser sur le terrain, près d’un an après leur lancement.