24 juillet 2026
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ralliement d’un ancien ministre malien à la coalition de l’imam Dicko

Hamma Ag Mahmoud
Hamma Ag Mahmoud en discussion lors d'un événement public

Hamma Ag Mahmoud, figure politique malienne aux multiples expériences, a marqué l’histoire du pays en occupant des fonctions clés sous le régime du général Moussa Traoré. Entre 1986 et 1988, il fut ministre du Travail et de la fonction publique avant d’être nommé préfet dans plusieurs régions stratégiques comme Sikasso, Koulikouro, Ségou, Gao et Tombouctou. Son parcours a pris un tournant décisif en 2011 lors de son exil en Mauritanie, puis en intégrant le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) dès 2012. Il a joué un rôle actif dans la négociation de l’accord de paix de 2015, visant à mettre fin au conflit dans le nord du Mali.

une critique acerbe de la classe politique malienne

L’ancien haut fonctionnaire justifie aujourd’hui son engagement au sein de la Coalition des forces pour la République (CFR), dirigée par l’imam Mahmoud Dicko. Dans une déclaration exclusive, il dresse un constat alarmant de la situation actuelle au Mali : « Le pays traverse une période de crise sans précédent, miné par un profond délitement institutionnel ». Pour lui, la solution réside dans une mobilisation nationale autour d’un projet collectif. « Tous les Maliens doivent se rassembler derrière la CFR pour organiser une conférence nationale visant à corriger les erreurs du passé et à rétablir une gouvernance inclusive », affirme-t-il.

Son analyse est sans appel : « Les rébellions et la montée des groupes armés au Mali sont les conséquences directes de l’échec de la classe politique à offrir une vision partagée et un cadre institutionnel stable ». Il insiste sur la nécessité de repenser le modèle politique pour éviter une fragmentation du territoire et répondre aux aspirations de la population.

dialogue avec les groupes armés : une solution réaliste ?

Le ralliement de Hamma Ag Mahmoud à la CFR s’inscrit dans une démarche de recherche de solutions concrètes aux défis sécuritaires et politiques du Mali. Il aborde avec pragmatisme la question d’un éventuel dialogue avec les groupes jihadistes, notamment le Jnim, lié à al-Qaïda. « Associer ces groupes à un projet national commun pourrait mettre fin aux violences », déclare-t-il. Selon lui, la restauration d’une bonne gouvernance et d’un État de droit permettrait d’éradiquer les racines des conflits, qu’ils soient indépendantistes ou jihadistes.

Face aux réticences d’une partie de la population, inquiète par l’idée de négocier avec des groupes dont l’objectif ultime reste l’application de la charia, l’ancien ministre se veut rassurant. Pour lui, il est possible de concilier principes républicains et inclusion de tous les acteurs : « Tous les Maliens, sans exception, doivent être associés à un projet politique fondé sur l’égalité et la justice ». Il souligne que la démocratie doit s’adapter aux réalités locales tout en préservant les valeurs fondamentales de la République.