L’Assemblée nationale congolaise examine la loi de programmation militaire 2027-2030
Les députés de la République démocratique du Congo (RDC) ont officiellement lancé, hier mardi 14 juillet 2026, l’examen du projet de loi de programmation militaire pour la période 2027-2030. Ce texte stratégique, présenté par le Vice-Premier ministre et ministre de la Défense nationale, Guy Kabombo Muadiamvita, s’inscrit dans la continuité des efforts de modernisation des Forces armées de la RDC (FARDC).
Ce projet de loi, qui vise à remplacer la précédente programmation arrivée à échéance en 2025, ambitionne de structurer l’effort de défense sur plusieurs années. Selon les informations communiquées par le ministère de la Défense, cette nouvelle mouture s’articule autour de six axes majeurs :
- L’administration générale, considérée comme le socle de toute la structure de défense nationale
- La formation et la recherche militaires, avec un accent sur la professionnalisation des troupes
- L’acquisition et la modernisation des équipements
- Le développement des infrastructures militaires
- L’entraînement, les opérations et le renseignement
- La promotion d’une industrie nationale de défense
Un cadre légal pour mettre fin à l’improvisation budgétaire
Guy Kabombo Muadiamvita a souligné devant les élus que ce projet de loi avait pour objectif principal de mettre un terme à l’improvisation budgétaire qui a longtemps caractérisé la gestion des FARDC. « Cette programmation définit les priorités nationales en matière de défense et établit un cadre financier pluriannuel pour renforcer les capacités opérationnelles des forces armées congolaises », a-t-il déclaré.
La précédente loi de programmation militaire (2022-2025) avait déjà posé les bases de la modernisation de l’armée congolaise. La nouvelle version entend adapter ce cadre juridique aux réalités opérationnelles actuelles et aux exigences d’une armée moderne, performante et mieux structurée.
Un fonds dédié pour soutenir l’effort de guerre
Parmi les innovations présentées, le ministre a mis en avant la création du Fonds de soutien au développement des FARDC (FSD-FARDC). Ce mécanisme, créé par ordonnance présidentielle après adoption en Conseil des ministres, vise à mobiliser des ressources supplémentaires pour le secteur de la défense. Une campagne de sensibilisation est actuellement en cours auprès des partenaires internationaux et des donateurs privés pour soutenir ce fonds.
Un contexte sécuritaire toujours tendu
La présentation de ce projet de loi intervient dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans les provinces de l’Est du pays. La résurgence de la rébellion de l’AFC/M23, soutenue selon Kinshasa par le Rwanda, maintient sous tension les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Malgré la signature de l’accord de Washington sous médiation américaine prévoyant le retrait des forces rwandaises et la neutralisation des groupes armés, la situation sur le terrain reste préoccupante.
Parallèlement, les négociations menées à Doha sous l’égide du Qatar entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23 peinent à aboutir. Les rebelles conservent le contrôle de plusieurs villes, dont Goma et Bukavu, tandis que les combats continuent dans plusieurs zones.
Cette réalité met en lumière l’urgence de renforcer les capacités des FARDC, condition indispensable pour faire face aux défis sécuritaires actuels et consolider la professionnalisation de l’armée congolaise.
Une réforme attendue pour une armée plus efficace
La réforme de la loi-cadre régissant les FARDC, également présentée aux députés, s’ajoute à ce projet de programmation militaire. Ces deux textes visent à adapter le cadre juridique aux nouvelles exigences d’une armée moderne et opérationnelle, capable de répondre aux menaces internes et externes.
Guy Kabombo Muadiamvita a insisté sur la nécessité d’une prise en compte adéquate de cette programmation dans la loi des finances, condition jugée indispensable pour réussir cette réforme et consolider les avancées sur le terrain.