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Présence du Mali à Moscou met en lumière les fissures au sein de l’AES

À Moscou, le Mali seul en première ligne face aux incertitudes régionales

Alors que le troisième sommet Russie–Afrique s’ouvre à Moscou, l’Alliance des États du Sahel (AES) présente des visages contrastés. Seul le général Assimi Goïta, chef de l’État malien, se déplace officiellement pour représenter son pays. Au Burkina Faso, c’est le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo qui porte les couleurs de Ouagadougou, tandis que la participation du général Abdourahamane Tiani, président nigérien, reste en suspens. Une situation qui interroge sur la cohésion de l’alliance et son influence dans les négociations internationales.

Une délégation malienne en première ligne pour l’AES

Dès l’ouverture du sommet, Assimi Goïta s’est imposé comme le seul dirigeant de l’AES à assurer une présence personnelle à Moscou. Accueilli par les autorités russes, il a entamé des échanges avec le président Vladimir Poutine, confirmant ainsi le poids diplomatique du Mali au cœur des discussions africaines. Cette représentation de haut niveau contraste avec celle des autres membres de l’alliance, où les chefs d’État brillaient par leur absence.

Le Burkina Faso représenté par un Premier ministre

Initialement annoncé comme participant, Ibrahim Traoré n’a finalement pas fait le déplacement. C’est donc son Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, qui a mené la délégation burkinabè. Une présence officielle, mais qui réduit la visibilité politique du pays sur la scène internationale. Cette situation reflète les défis internes que traverse le Burkina Faso, tout en maintenant une participation aux débats stratégiques.

Le Niger en quête de visibilité à Moscou

La participation du général Abdourahamane Tiani avait été confirmée par les autorités russes, mais aucune source officielle ne permet, à ce stade, de valider son arrivée à Moscou. Son absence, même temporaire, soulève des interrogations sur la position du Niger au sein de l’AES et ses relations avec Moscou. Une incertitude qui ajoute une pression supplémentaire sur l’unité de l’alliance sahélienne.

L’influence croissante de la Russie en Afrique au-delà de l’AES

Le sommet de Moscou rassemble 48 des 54 pays africains, dont 22 représentés par leur chef d’État. Parmi eux, des figures comme Évariste Ndayishimiye (Burundi et Union africaine), Emmerson Mnangagwa (Zimbabwe) ou Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée équatoriale) ont fait le déplacement. D’autres, comme l’Algérie ou le Bénin, ont opté pour une représentation gouvernementale, illustrant des stratégies diplomatiques variées.

Des choix qui reflètent des priorités nationales

L’envoi d’un Premier ministre ou d’un vice-président, comme pour l’Ouganda ou le Rwanda, ne doit pas être interprété comme un désengagement. Ces délégations permettent aux pays de participer activement aux discussions, tout en adaptant leur présence à leurs contraintes internes. Une approche pragmatique qui montre la diversité des approches africaines face au partenariat avec la Russie.

Les enjeux concrets pour l’AES : sécurité, économie et coopération

Au-delà des symboles, le sommet de Moscou doit permettre de concrétiser des engagements sur des dossiers clés : sécurité, énergie, agriculture et investissements. La Russie a d’ailleurs annoncé un nouveau programme de coopération pour la période 2027-2029, qui pourrait redéfinir les équilibres économiques sur le continent. Pour les pays sahéliens, l’enjeu est double : afficher une unité de façade, tout en sécurisant des partenariats avantageux.

Un sommet sous le signe de l’équilibre des puissances

Malgré les disparités dans les représentations, Moscou cherche à consolider ses liens avec l’Afrique, en misant sur des pays aux profils variés. Les dirigeants sahéliens, eux, doivent naviguer entre visibilité diplomatique et résultats tangibles. L’AES, encore fragile, devra prouver sa capacité à parler d’une seule voix, ou risquer de voir ses partenaires se tourner vers d’autres alliances.