9 juin 2026
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Le parti Pastef-Les Patriotes, majoritaire à l’Assemblée nationale, a organisé son tout premier congrès national depuis sa fondation en 2014, les 6 et 7 juin à Dakar. Ce rendez-vous a permis de donner un nouvel élan au mouvement dans un paysage politique en pleine recomposition, sous la houlette de son président Ousmane Sonko.

La grand-messe politique s’est achevée dimanche 7 juin à Dakar Arena, avec l’investiture officielle d’Ousmane Sonko à la tête du parti. Devant une foule de militants enthousiastes, le leader a dévoilé une feuille de route structurée en trois axes : renforcer l’identité idéologique du Pastef, interpeller directement l’exécutif et sécuriser le calendrier électoral. Revenant sur la « première phase de clarification » amorcée depuis le meeting du 8 novembre, Sonko a estimé que son parti en sort « plus fort que jamais ». S’il admet que cette période a réservé « des surprises et des déceptions », il assure n’en avoir rien retenu personnellement. Il a par ailleurs revendiqué pour le Pastef la paternité des grandes luttes : anticorruption, réforme de la justice, renégociation des contrats, et surtout la préservation de la majorité à l’Assemblée.

Sur le volet de la gouvernance, les critiques envers le président de la République ont été cinglantes. « Ce pays a trop souffert des complots et des manœuvres », a lancé Sonko, appelant chaque institution à respecter son rôle constitutionnel sans se laisser entraîner par des ambitions personnelles. Il a mis en garde : « Même si le chef de l’État veut satisfaire des ambitions politiques, il ne faut pas accepter qu’il affaiblisse les institutions. » Face aux inquiétudes d’une crise institutionnelle, il a opposé une lecture claire des urnes : « Il n’y a pas de crise institutionnelle au Sénégal. Le peuple a choisi librement de confier la présidence à l’un et l’Assemblée à un autre. »

Le verrou parlementaire contre le report des locales

Ousmane Sonko a fermement exclu toute possibilité de report des élections locales, avançant des arguments politiques et procéduraux. « Pastef ne sera jamais d’accord pour un report des élections locales », a-t-il martelé, rappelant que tout changement de calendrier nécessite une loi d’habilitation votée par l’Assemblée. À l’issue de ce congrès d’investiture, la ligne est claire : le Pastef entend peser dans la reconfiguration politique et imposer une nouvelle gouvernance.