

ousmane sonko révèle comment l’ancien système a repris le dessus au sommet de l’État.
ousmane sonko, président de l’Assemblée nationale et figure majeure du mouvement Pastef, a livré une analyse percutante lors d’un rassemblement militant à Dahra Djoloff. Dans un discours sans détour, il a pointé du doigt la réorganisation du système politique sénégalais qu’il qualifie de retour aux pratiques du passé, malgré les promesses d’alternance démocratique portées par son camp.
« Ce n’est pas une question de personnes, mais de respect des engagements pris devant le peuple sénégalais », a-t-il martelé en énumérant les principes fondateurs du projet initial : transparence, bonne gouvernance, reddition des comptes, justice impartiale et renégociation des ressources naturelles. Ces valeurs, selon lui, devaient marquer une rupture avec les dysfonctionnements des décennies précédentes.
Un système réorganisé au Palais
C’est sur la « réorganisation du système » que le leader de Pastef a concentré ses critiques les plus vives. « Malheureusement, c’est ce même système qui s’est reconstitué au Palais pour trahir notre projet et retomber dans ses vieilles habitudes », a-t-il dénoncé avec véhémence devant une foule mobilisée.
Parmi les signes de cette dérive, ousmane sonko a pointé la relation entre pouvoir et institutions. « Aujourd’hui, le président a créé un parti sans assise électorale solide, mais il dispose des institutions. Or, en démocratie, le seul souverain légitime, c’est le peuple, pas l’appareil administratif », a-t-il souligné, suggérant que ce déséquilibre pousse le pouvoir à s’appuyer davantage sur l’État que sur la légitimité populaire.
La mainmise sur la justice : une menace pour la démocratie
Autre préoccupation majeure soulevée par le président de l’Assemblée : les tentatives de contrôle des hautes juridictions. Selon ses déclarations, des manœuvres seraient en cours pour instrumentaliser la Cour suprême et le Conseil constitutionnel. « Ces institutions, chargées de veiller au respect de la Constitution, risquent d’être mises au service d’un projet politique », a-t-il alerté, rappelant que cette situation survient six ans après l’alternance tant promise par le camp au pouvoir.






