29 septembre 2026
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À New York, le Bénin a défendu une approche sécuritaire concrète. La ministre des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, a présenté la déclaration nationale du pays lors de la dernière journée du débat général de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies. Elle était accompagnée de la mission permanente conduite par l’ambassadeur Marc Hermanne Araba, représentant permanent du Bénin auprès de l’institution.

Cette prise de parole est intervenue dans un ordre de passage très observé, la cheffe de la diplomatie béninoise s’exprimant juste après les délégations du Mali, du Burkina Faso et du Niger.

Une doctrine onusienne traduite en actes sur le terrain

L’allocution revêt une portée diplomatique significative alors que le Bénin s’apprête à clore son mandat à la présidence du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine. Le discours prononcé à l’ONU ne se limite pas à des intentions théoriques : il s’appuie sur une doctrine sécuritaire globale que Cotonou met en œuvre aux niveaux national et régional.

Opération Mirador : une riposte opérationnelle et une présence étatique renforcée

Face à la pression des groupes armés terroristes dans la zone frontalière du septentrion, le Bénin a lancé l’Opération Mirador. Ce dispositif militaire préventif et défensif a pour mission de verrouiller les parcs nationaux (Pendjari et W) et de sécuriser les communautés rurales. L’armée béninoise y associe un maillage territorial consolidé par le recrutement et la formation massive de nouveaux personnels de sécurité, afin de combler les vides opérationnels exploités par les groupes violents.

Initiative d’Accra : un maillage coopératif régional

Sur le plan diplomatique et militaire sous-régional, le Bénin demeure l’un des piliers moteurs de l’Initiative d’Accra, aux côtés du Ghana, du Togo, de la Côte d’Ivoire et des pays du Sahel. Ce mécanisme traduit sur le terrain les orientations défendues à la tribune de l’ONU :

  • Partage d’informations tactiques : échanges périodiques et directs entre services de renseignement pour suivre les mouvements transfrontaliers.
  • Opérations conjointes : mener des actions coordonnées de part et d’autre des frontières pour empêcher les groupes armés de se replier d’un territoire à un autre.

Prévention sociale et développement des zones frontalières

Pour Cotonou, la réponse sécuritaire ne peut être exclusivement militaire. À travers l’Agence béninoise de gestion intégrée des espaces frontaliers (ABeGIEF), l’État béninois investit directement dans les infrastructures de base au nord du pays : écoles, points d’eau, centres de santé, pistes rurales. L’objectif est d’endiguer le sentiment d’abandon, de renforcer la résilience des communautés marginalisées et de couper le recrutement des réseaux extrémistes à la racine.

Sécurité communautaire et alerte précoce

Le gouvernement béninois mise sur le renforcement du lien armée-nation. Grâce au déploiement de mécanismes d’alerte citoyenne et de numéros verts dédiés, les populations locales sont associées à la chaîne de renseignement préventif. Cette approche inclusive vise à bâtir un climat de confiance réciproque indispensable pour contrer l’infiltration des réseaux clandestins.

Dans un contexte sous-régional tendu, le plaidoyer porté à New York par la délégation béninoise résume une doctrine claire : allier la fermeté opérationnelle aux frontières, l’investissement socio-économique auprès des populations et une coopération multilatérale pragmatique avec tous les partenaires voisins.

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