9 juin 2026
FILES-NIGERIA-KIDNAPPING-CRIME

(FILES) Schoolchildren leave a minibus as they arrive at the local Governor's office in Minna on December 8, 2025. Around a hundred schoolchildren who were abducted last month by armed men from a Catholic school have arrived at the government headquarters in Minna, the capital of Niger State in central-northern Nigeria, as observed by AFP journalists on Monday. However, the fate of the 165 others abducted with them remains unknown. The students, mostly aged between 10 and 17, arrived in five white buses escorted by about ten military and armored vehicles and were received by Niger State Governor Mohammed Umaru Bago. (Photo by Light Oriye Tamunotonye / AFP)

Plusieurs centaines de personnes enlevées plus tôt cette année par le groupe djihadiste Boko Haram dans l’État de Borno, au nord-est du Nigeria, ont recouvré la liberté, selon des déclarations de l’armée et de sources locales.

Depuis 2009, l’insurrection djihadiste menée par Boko Haram puis par l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) a causé des dizaines de milliers de morts et déplacé des millions de personnes dans cette région du pays le plus peuplé d’Afrique.

Les enlèvements de masse, souvent suivis de libérations contre rançon, sont une pratique courante des islamistes. Samaila Kaigama, président de la Borno South Youth Alliance (BOSYA), a indiqué avoir obtenu la libération de 416 femmes et enfants enlevés à Ngoshe.

Deux nourrissons décédés

« Ils ont été libérés samedi », a-t-il précisé. Mohammed Ali Ndume, sénateur de l’État de Borno, a confirmé cette information.

Dans un communiqué distinct, l’armée a évoqué un bilan de 360 personnes libérées, non pas par Boko Haram mais lors d’une « opération » menée « grâce au renseignement ». Elle explique avoir exploité des renseignements et mené des « opérations psychologiques » pour semer la « méfiance au sein des insurgés » avant « le début de la phase d’assaut ».

Les victimes étaient détenues « dans des conditions difficiles après avoir été enlevées dans plusieurs communautés, en particulier dans l’axe de Ngoshe », selon le communiqué militaire. « Malheureusement, deux nourrissons sont morts d’épuisement à cause de la longue captivité et des conditions difficiles », a déploré Daniel Bwala, porte-parole du président Bola Tinubu, qui a également avancé le chiffre de 360 libérés.

Les rançons, une pratique courante

Le village de Ngoshe, situé à moins de dix kilomètres de la frontière camerounaise dans les collines de Gwoza, fief de Boko Haram, subit des attaques répétées des combattants islamistes.

Le responsable de l’organisation de jeunesse a déclaré ignorer les circonstances de la libération. Son association BOSYA, qui avait mis en place des canaux de communication entre les ravisseurs et les familles, n’a pas fourni de détails supplémentaires.

Les autorités nigérianes démentent verser des rançons, mais des analystes estiment que cette pratique est courante, tant de la part du gouvernement que des familles des victimes.