13 mai 2026
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À l’aube de l’hivernage 2026, les autorités nigériennes multiplient les alertes face aux risques climatiques qui menacent les communautés rurales. Le Centre Opérationnel de Veille, d’Alerte et de Conduite de Crises (COVACC) alerte les populations, en particulier les éleveurs, sur les dangers liés aux intempéries attendues dans la bande agropastorale du pays.

Le lundi 11 mai 2026, le COVACC, sous l’égide du ministère nigérien de l’Intérieur, a lancé un appel solennel à la vigilance. Les prévisions météorologiques nationales indiquent une saison des pluies 2026 normale à excédentaire, avec des risques accrus de vents violents pouvant causer des pertes de cheptel et endommager les infrastructures.

Des risques accrus pour les éleveurs et les infrastructures

Alors que les premières pluies se profilent, les autorités nigériennes redoutent les conséquences d’un hivernage potentiellement intense. Le COVACC a mis en garde les populations rurales, notamment les communautés pastorales, contre les dangers liés aux intempéries accompagnant traditionnellement le début de la saison pluvieuse.

Selon la Direction nationale de la météorologie, la campagne hivernale 2026 devrait connaître des précipitations « normales à excédentaires » sur la bande agropastorale du Niger. Ces quantités de pluie, conformes voire supérieures aux moyennes observées entre 1991 et 2020, pourraient favoriser l’agriculture mais aussi exposer les éleveurs à des risques majeurs.

Des vents destructeurs et des pertes matérielles importantes

Le COVACC souligne que les premières pluies s’accompagnent souvent de vents violents, particulièrement dangereux pour les animaux affaiblis par la période de soudure. Le bétail, déjà vulnérable par manque de nourriture, devient plus exposé aux accidents et aux pertes massives.

Ces intempéries engendrent également des dégâts matériels considérables : toitures arrachées, effondrements de bâtiments en banco, destruction d’équipements publics et privées. Les conséquences pour les populations rurales, déjà fragilisées par des défis économiques et sécuritaires, pourraient être dévastatrices.

Les premiers dégâts déjà recensés

Dès le 11 mai 2026, la Direction générale de la protection civile (DGPC) a enregistré plusieurs incidents dans différentes localités du pays. Dans la commune d’Allakaye, département de Bouza, région de Tahoua, des vents violents ont endommagé un bloc de trois classes, une salle de classe en banco ainsi qu’un mur du Centre de santé intégré (CSI).

Dans la région de Dosso, précisément dans la commune de Dankassari, les intempéries ont détruit un bloc de deux classes, un magasin, six lampadaires et cinq poteaux électriques.

Les autorités appellent à une prévention renforcée

Face à ces risques, le COVACC recommande aux populations de suivre attentivement les bulletins météorologiques et les alertes émises par les services compétents. Les éleveurs sont invités à mettre leur bétail à l’abri pendant les épisodes de vents violents et à éviter les zones exposées aux ruissellements.

Le centre de veille déconseille également de conduire les troupeaux dans les koris et les cours d’eau asséchés, souvent transformés en torrents soudains lors des fortes pluies. Les autorités appellent aussi à éviter les passages empruntés par les eaux de ruissellement et à signaler rapidement tout incident aux autorités locales.

Un enjeu économique et social majeur

Au Niger, où l’élevage représente un pilier essentiel de l’économie et des moyens de subsistance de millions de familles, chaque saison des pluies constitue une période à la fois d’espoir et de vulnérabilité. Entre l’amélioration des pâturages et les risques climatiques accrus, les autorités cherchent à renforcer les mécanismes d’anticipation pour limiter l’impact des catastrophes naturelles sur les populations rurales.

À quelques semaines du cœur de l’hivernage, le message du COVACC est clair : la prévention reste la meilleure arme face aux aléas climatiques. Pour les éleveurs nigériens, cette saison des pluies 2026 pourrait à la fois revitaliser les pâturages et menacer des années d’efforts et de survie pastorale.