23 juin 2026
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En obtenant neuf responsabilités au sein de plusieurs organes de l’Union africaine, le Maroc renforce son poids dans la gouvernance continentale. Réformes institutionnelles, questions migratoires, financement, environnement et intégration économique : le royaume s’impose sur des dossiers stratégiques pour l’avenir de l’organisation panafricaine.

Le Maroc assoit solidement sa place au sein de l’Union africaine (UA) et démontre une fois de plus sa capacité à influencer les équilibres institutionnels du continent. À l’issue des consultations régionales en Afrique du Nord, Rabat s’est vu confier neuf postes de responsabilité dans des structures clés de l’organisation. Cette progression reflète à la fois la confiance des partenaires africains et la montée en puissance de son action diplomatique sur les grands enjeux continentaux.

Ce nouveau positionnement institutionnel place le Maroc en tête des pays d’Afrique du Nord dans la répartition des responsabilités régionales. Il intervient alors que l’UA mène plusieurs chantiers majeurs : réforme de ses organes, consolidation de la gouvernance, financement, intégration économique, gestion des migrations et défis environnementaux.

Une présence accrue dans les instances décisionnelles
Parmi les responsabilités obtenues, le Maroc occupe la vice-présidence du Comité ministériel chargé des candidatures africaines aux instances internationales. Cette instance coordonne les positions africaines et promeut les candidatures du continent dans les organisations multilatérales. Pour Rabat, ce poste constitue un levier supplémentaire pour améliorer la représentation de l’Afrique dans les sphères de décision mondiales.

Le Maroc assume également la vice-présidence du Bureau des barèmes des contributions et de l’évaluation des quotes-parts des États membres de l’UA. Ce dossier technique touche au financement de l’organisation, un enjeu sensible pour renforcer son autonomie financière et la prévisibilité de ses ressources. Ces deux responsabilités placent le royaume au cœur de sujets structurants pour l’avenir de l’UA.

Réformes, droit et économie : des priorités au cœur de l’agenda
Le Maroc siège aussi dans deux Comités techniques spécialisés, espaces importants d’élaboration des politiques publiques africaines. Le premier concerne la justice et les affaires juridiques, le second porte sur le développement économique, le tourisme, le commerce, l’industrie et les ressources minières. Cette double présence témoigne de l’intérêt du royaume pour des chantiers essentiels de l’agenda continental.

Sur le plan juridique, l’UA cherche à renforcer ses cadres normatifs et à harmoniser les approches entre États. Sur le plan économique, l’intégration commerciale, l’industrialisation, la valorisation des ressources naturelles et la diversification des économies sont des leviers clés pour la transformation du continent. Le Maroc participe à ces débats dans la continuité d’une diplomatie africaine axée sur la coopération concrète et les partenariats sectoriels.

Le COREP : un espace stratégique pour l’action marocaine
La présence marocaine se renforce aussi au sein des sous-comités du Comité des représentants permanents (COREP), qui prépare les décisions et suit les dossiers techniques de l’UA. Le royaume assume la vice-présidence du Bureau du Sous-comité chargé des réformes institutionnelles, dossier crucial pour rationaliser les structures et améliorer l’efficacité de l’organisation. Il préside également le Sous-comité chargé des questions environnementales, dans un contexte d’intensification des effets du changement climatique en Afrique.

En outre, le Maroc siège comme membre du Sous-comité chargé des droits de l’Homme, de la démocratie et de la gouvernance. Sa présence lui permet de participer aux discussions sur le renforcement institutionnel, l’État de droit et les mécanismes africains de gouvernance.

Migration : le Maroc capitalise sur son expérience reconnue
Autre responsabilité significative, le Maroc a été désigné membre du Conseil d’administration du Centre continental sur la migration. Des experts marocains seront mis à disposition pour contribuer aux travaux de cette structure. Cette nomination consacre le rôle reconnu du royaume dans la gouvernance migratoire africaine, prolongeant un engagement porté au plus haut niveau de l’État.

Depuis plusieurs années, le Maroc défend une approche africaine de la migration fondée sur la solidarité, l’humanisme et la responsabilité partagée. Cette vision met l’accent sur la dignité des migrants, la coopération entre pays d’origine, de transit et de destination, ainsi que sur le lien entre mobilité humaine, développement et stabilité. La présence marocaine au sein du Centre continental sur la migration renforce cette contribution et partage une expérience nationale souvent citée dans les débats africains. Elle confirme que la question migratoire reste un domaine où le royaume dispose d’une légitimité particulière au sein de l’UA.