9 juin 2026
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Une convention historique lie désormais Nouakchott et Dakar : la Mauritanie s’engage à livrer 450 000 moutons au Sénégal pour la fête de Tabaski. Cette initiative répond à la baisse des exportations traditionnelles en provenance du Mali, où l’insécurité perturbe les flux commerciaux.

Nouakchott ne se limite pas à répondre aux besoins du Sénégal. Une partie de ces béliers sera également destinée à la Côte d’Ivoire, une solution adoptée pour pallier les difficultés d’approvisionnement dans la sous-région.

Un protocole renforcé face aux tensions au Mali

Alioune Kane, expert au Groupement National des Associations Pastorales (GNAP), détaille : «Un accord bilatéral a été reconduit, mais cette année, le volume exporté devrait dépasser les 460 000 à 500 000 têtes habituelles». La raison ? Les routes traversant le Mali, autrefois empruntées par les éleveurs mauritaniens, sont désormais trop dangereuses.

Les éleveurs des régions de l’Est, comme Néma ou Aïoun, doivent désormais emprunter un itinéraire alternatif. «Avant, le trajet était direct via le Mali. Aujourd’hui, nous devons traverser le fleuve depuis le Trarza pour rejoindre le Sénégal en toute sécurité», explique Baba Hassan Sidi, responsable du GNAP dans la région de Néma.

Des mesures sécuritaires et logistiques adaptées

Le gouvernement sénégalais a mis en place un dispositif complet pour faciliter cette opération : sécurité renforcée, simplification des formalités administratives, contrôles sanitaires et douaniers optimisés. Plusieurs éleveurs mauritaniens sont déjà sur place, prêts à livrer leur bétail dans les grands centres urbains du pays.

Cette collaboration illustre la solidité des liens historiques entre la Mauritanie et le Sénégal. «Les échanges commerciaux entre nos peuples sont une tradition ancienne. Cette année, nous renforçons notre engagement mutuel», souligne un responsable du GNAP.