7 septembre 2026
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Dans la province de l’Ituri, à l’est de la République démocratique du Congo, une nouvelle vague de violence attribuée aux ADF, un groupe armé ougandais lié à l’État islamique, a coûté la vie à treize civils. Un village a été entièrement ravagé lors d’une attaque nocturne, selon les autorités locales. Cette tragédie s’ajoute à une longue série d’exactions perpétrées par cette milice contre les populations rurales, malgré la présence de forces militaires régulières dans la région.

Une région sous le joug des violences armed

Les assaillants, surgis dans l’obscurité, ont ciblé des civils sans défense avant d’incendier systématiquement les habitations. La quasi-totalité du village a été détruite, forçant les survivants à fuir vers des localités voisines, souvent dans des conditions précaires. Les méthodes employées — attaques éclair contre des cibles civiles, incendies ciblés, utilisation d’armes blanches pour préserver les munitions — correspondent aux tactiques reconnues des ADF, actives dans le nord-est du Congo depuis plus de dix ans.

L’Ituri, frontalière avec l’Ouganda et le Soudan du Sud, est un foyer de tensions persistantes. Aux violences des ADF s’ajoutent les conflits intercommunautaires entre les milices Hema et Lendu, ainsi que l’activité de groupes armés locaux exploitant les ressources minières artisanales. Depuis mai 2021, la province est placée sous état de siège, confiant l’administration civile à des officiers militaires, sans que cela ne parvienne à enrayer la spirale de violence.

L’opération Shujaa face à l’adaptabilité des adf

Depuis fin 2021, les FARDC et les UPDF mènent conjointement l’opération Shujaa, visant à démanteler les bases des ADF dans le Nord-Kivu et l’Ituri. Près de quatre ans après son lancement, les résultats restent mitigés. Bien que plusieurs camps rebelles aient été détruits, les combattants se sont fragmentés en petites cellules mobiles, multipliant les attaques contre des villages isolés plutôt que d’affronter directement les forces militaires.

Cette stratégie de guérilla rend la riposte particulièrement complexe. Les ADF profitent de la forêt équatoriale dense, de la porosité de la frontière ougandaise et du manque d’infrastructures de communication pour frapper et disparaître rapidement. Chaque massacre alimente les tensions politiques à Kinshasa, où l’opposition critique l’incapacité du gouvernement à protéger les civils, malgré l’engagement de moyens importants et le début, en 2024, du retrait de la MONUSCO.

Une sécurité régionale sous pression

Le désengagement progressif de la MONUSCO crée un vide sécuritaire que les FARDC peinent à combler. Dans les provinces voisines du Sud-Kivu et du Nord-Kivu, la résurgence du groupe M23, soutenu selon plusieurs rapports par le Rwanda, mobilise l’essentiel des ressources militaires congolaises. L’Ituri, malgré l’intensification des attaques, devient un théâtre secondaire pour Kinshasa, aggravant la précarité des populations locales.

Sur le plan humanitaire, la situation se dégrade rapidement. Des centaines de milliers de personnes déplacées survivent dans des camps de fortune autour de Bunia, la capitale provinciale, où les organisations d’aide alertent sur les pénuries de vivres et de soins. La destruction répétée de villages, comme lors de l’attaque récente, aggrave le nombre de sans-abri et fragilise l’économie rurale.

Pour le gouvernement congolais, les enjeux dépassent le cadre militaire. La stabilisation de l’Ituri est cruciale pour la crédibilité de l’État, la sécurisation des axes commerciaux avec l’Afrique de l’Est et l’exploitation apaisée d’un sous-sol parmi les plus riches du continent. Tant que les ADF conserveront leur capacité de nuisance, les investisseurs miniers et logistiques resteront à distance, privant la province des ressources nécessaires à sa reconstruction.