
Le Maroc maintient ses revendications territoriales sur Ceuta et Melilla
Le ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a réaffirmé mardi la position officielle de Rabat concernant les villes de Ceuta et Melilla. Selon lui, ces deux présides espagnols doivent faire l’objet de négociations pour leur rattachement au Maroc, conformément aux revendications historiques du royaume. «Ce dossier reste ouvert et figure toujours à l’agenda des discussions bilatérales», a-t-il déclaré, insistant sur l’approche progressive et patiente adoptée par son pays.
Madrid rejette catégoriquement toute remise en question de sa souveraineté
En réponse, les autorités espagnoles ont réitéré leur position intransigeante. Le ministère des Affaires étrangères a rappelé sans ambiguïté que «Ceuta et Melilla font partie intégrante du territoire espagnol, reconnu par la communauté internationale». Aucune négociation sur ce sujet n’est envisageable, selon les responsables ibériques.
Gestion des migrations : un sujet de discorde supplémentaire
Le débat autour des traversées massives de migrants vers Ceuta fin juillet a ajouté une nouvelle dimension aux tensions. Abdellatif Ouahbi a critiqué la gestion espagnole des mineurs marocains non accompagnés, soulignant que Madrid devait assumer pleinement ses responsabilités. «L’Espagne ne peut pas exiger du Maroc qu’il contrôle les départs irréguliers tout en offrant des voies légales à ceux qui parviennent à entrer», a-t-il argumenté.
Dans ce contexte, le chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Albares, en visite à Ceuta, a évité soigneusement d’évoquer la question territoriale. Il s’est concentré sur la crise migratoire, saluant la coopération marocaine dans le rapatriement des mineurs non accompagnés.
Réactions politiques en Espagne : critiques acerbes et mises en garde
Les propos du ministre marocain ont suscité une vive réaction chez certains responsables espagnols. Juan José Imbroda, président de Melilla et membre du Parti populaire, a lancé une pique cinglante : «À quoi bon posséder Ceuta et Melilla si vous ne parvenez même pas à gérer vos propres citoyens ?» Il a qualifié la situation migratoire de «camouflet international pour le Maroc» et l’a exhorté à adopter une gestion plus digne de cette crise.
Le ministère marocain de l’Intérieur a, quant à lui, réaffirmé sa position sur la responsabilité partagée dans la lutte contre la migration irrégulière. Il a mis en garde contre la diffusion de fausses informations en ligne appelant à de nouvelles traversées massives pour le 15 août, rappelant que la lutte contre les réseaux de traite exigeait une collaboration étroite entre les deux pays.
Vers une escalade des tensions ou une coopération renforcée ?
Alors que les revendications territoriales persistent, la gestion des flux migratoires devient un terrain miné pour les relations entre le Maroc et l’Espagne. Si Madrid refuse catégoriquement toute discussion sur Ceuta et Melilla, les deux pays semblent condamnés à trouver un terrain d’entente sur les questions migratoires pour éviter une dégradation plus profonde de leurs relations.






