7 septembre 2026
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Mahamat Idriss Déby Itno est accueilli par Ibrahim Traoré, président de la junte du Burkina Faso, lors de sa visite officielle à Ouagadougou le 21 février 2025.

Une ascension politique marquée par l’héritage familial

L’arrivée de Mahamat Idriss Déby Itno au pouvoir au Tchad en avril 2021, après le décès de son père Idriss Déby Itno, a suscité de nombreuses interrogations. Ce militaire de formation, issu d’une famille ayant régné sur le pays depuis plus de trois décennies, a rapidement consolidé son emprise sur les institutions. Mais au-delà de cette continuité apparente, quelle est la véritable nature de son engagement politique ?

Le souverainisme, une posture stratégique ou une conviction profonde ?

Depuis son accession à la présidence de la transition, Mahamat Idriss Déby Itno multiplie les déclarations en faveur d’une autonomie renforcée pour le Tchad. Il a notamment mis en avant la nécessité de réduire la dépendance aux puissances étrangères, qu’elles soient européennes ou africaines. Cette rhétorique souverainiste s’est concrétisée par des prises de position fermes, notamment lors des négociations avec la France ou les Émirats arabes unis.

Pourtant, certains observateurs soulignent que ces discours pourraient aussi servir des intérêts internes. En effet, Mahamat Idriss Déby Itno doit gérer une population de plus en plus critique envers l’influence étrangère, tout en maintenant des alliances stratégiques essentielles pour la stabilité du pays.

Un alignement discret avec les régimes militaires du Sahel

Le Tchad, sous la direction de Mahamat Idriss Déby Itno, a renforcé ses liens avec les juntes militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Ces rapprochements, formalisés au sein de l’Alliance des États du Sahel, reflètent une volonté commune de s’affranchir des cadres traditionnels de la coopération régionale. Mais cette dynamique, bien que perçue comme une affirmation d’indépendance, interroge sur les véritables motivations derrière ces alliances.

Les échanges diplomatiques entre N’Djamena, Bamako et Ouagadougou se sont intensifiés, notamment après le retrait des forces françaises de la région. Mahamat Idriss Déby Itno, en tant que figure centrale de cette nouvelle configuration, se positionne comme un acteur incontournable du Sahel. Mais cette stratégie comporte des risques, notamment celui d’isoler davantage le Tchad sur la scène internationale.

Un bilan contrasté après trois ans de transition

Trois ans après son arrivée au pouvoir, le bilan de Mahamat Idriss Déby Itno reste mitigé. D’un côté, il a réussi à maintenir une stabilité relative malgré les tensions internes et les défis sécuritaires. De l’autre, les promesses de démocratisation et de réforme politique peinent à se concrétiser. Les élections prévues pour 2024, initialement promises comme une étape vers un retour à l’ordre constitutionnel, ont été reportées, alimentant les critiques sur l’autoritarisme croissant de son régime.

Parallèlement, la situation économique du Tchad reste fragile, avec une dépendance accrue aux ressources pétrolières et une inflation persistante. Les réformes structurelles, souvent évoquées, tardent à voir le jour, laissant planer le doute sur la capacité du gouvernement à répondre aux attentes de la population.

Un souverainisme à géométrie variable

Si Mahamat Idriss Déby Itno se présente comme un défenseur de la souveraineté tchadienne, ses actions révèlent parfois une approche pragmatique. Les alliances militaires avec la Russie ou la Turquie, par exemple, montrent que l’indépendance affichée a ses limites. Le Tchad, malgré ses discours, reste un acteur clé dans les équilibres géopolitiques de la région, et cette réalité influence nécessairement ses choix stratégiques.

En définitive, la question du souverainisme de Mahamat Idriss Déby Itno ne peut se résumer à une simple opposition aux influences extérieures. Elle s’inscrit dans un contexte complexe, où les impératifs de pouvoir, les réalités économiques et les contraintes géopolitiques s’entremêlent. Une chose est certaine : le président de transition continue de façonner le Tchad à son image, avec une ambition affichée, mais aussi des défis majeurs à relever.