14 juillet 2026
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Une mission de solidarité à Bamako

Le président de la Commission de l’Union africaine s’est rendu à Bamako ce week-end pour une visite officielle, marquant ainsi son engagement en faveur du Mali. Lors de cette rencontre, Mahmoud Ali Youssouf a réitéré le soutien indéfectible de l’organisation panafricaine aux autorités maliennes, malgré la suspension du pays en 2021. Cette exclusion, décidée après le coup d’État, visait à rétablir l’ordre constitutionnel, mais l’Union africaine maintient un dialogue constructif. Pour elle, la stabilité du Mali est une priorité continentale.

Le soutien de l’Union africaine s’exprime aussi à travers des initiatives diplomatiques, comme la Mission de l’UA pour le Sahel et le Mali (MISAHEL) et le rôle de son représentant spécial. Ces efforts visent à renforcer la coopération régionale face aux défis sécuritaires persistants.

Mali, Kidal, 2022 | Des combattants du mouvement de libération MNLA lors d'un congrès (Illustration)

Un appel à une solidarité plus concrète

Si l’Union africaine a exprimé sa solidarité avec le Mali, certains observateurs estiment que des actions plus tangibles sont nécessaires. Alioune Tine, expert et fondateur du Africa Jom Center, souligne que des mesures immédiates pourraient renforcer l’impact de cette solidarité. Pour lui, la mobilisation de troupes ou de ressources supplémentaires, notamment en provenance des pays membres, serait un signal fort pour Bamako.

Il affirme : « Il est essentiel que la Commission de l’Union africaine traduise ses paroles en actes. Cela passe par la sensibilisation des pays disposant de moyens militaires et logistiques pour appuyer le Mali dans sa lutte contre le terrorisme. C’est une urgence. »

Les défis d’une coordination régionale efficace

Malgré ses efforts, l’Union africaine fait face à des limites structurelles. Aly Tounkara, du Centre des études sécuritaires et stratégiques au Sahel, met en lumière les divergences entre les pays membres. Ces désaccords compliquent la mise en place d’une stratégie unifiée pour soutenir le Mali, notamment dans la lutte contre les groupes armés.

Il explique : « Il est illusoire de croire que l’Union africaine pourra fournir un soutien militaire ou renseignement efficace sans une coordination minimale entre ses membres. Les interférences politiques et les dépendances vis-à-vis des bailleurs de fonds extra-africains affaiblissent sa capacité d’action. »

Pour l’analyste, la crédibilité de l’Union africaine dépendra de sa capacité à surmonter ces obstacles et à proposer des solutions concrètes. La visite de Mahmoud Ali Youssouf à Bamako pourrait-elle marquer un tournant dans cette dynamique ?

Éthiopie, Addis-Abeba, 2026 | Mahmoud Ali Youssouf, président de l'AUC, prend la parole lors du sommet de l'UA

Entre maintien du dialogue, appel à l’unité territoriale et contraintes politiques, l’Union africaine tente de trouver un équilibre. La question reste entière : cette visite sera-t-elle un simple geste symbolique ou le début d’une implication renforcée aux côtés du Mali et de ses partenaires de l’Alliance des États du Sahel (AES) ?