16 mai 2026
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loi électorale au Sénégal : sonko en route pour 2029 ?

Le président Bassirou Diomaye Faye a récemment promulgué une réforme du code électoral au Sénégal, un texte qui relance les spéculations sur une future candidature d’Ousmane Sonko aux élections présidentielles de 2029. Cette décision, officialisée par décret présidentiel, intervient dans un climat politique déjà tendu au sein du Pastef, le parti au pouvoir.

Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko lors d'une réunion au palais présidentiel

Cette réforme controversée modifie profondément les conditions d’éligibilité des candidats, notamment en matière de déchéance des droits civiques. Parmi les changements majeurs, la durée de la déchéance est désormais plafonnée à cinq ans après l’expiration de la peine, ce qui pourrait permettre à Ousmane Sonko, actuellement Premier ministre, de retrouver ses droits politiques à temps pour la prochaine présidentielle.

Des tensions internes au cœur du Pastef

La promulgation de cette loi a ravivé les frictions au sein du parti présidentiel. Plusieurs responsables du Pastef avaient critiqué la volonté du chef de l’État de retarder l’adoption du texte, évoquant des ambitions personnelles pour 2029. Le projet de loi, initialement adopté le 28 avril, avait fait l’objet d’un second vote le 9 mai après une demande de réexamen formulée par le président Faye, qui avait justifié cette démarche par des « erreurs matérielles » dans le texte.

Cette séquence législative a nourri les suspicions au sein même du parti. Certains cadres du Pastef ont estimé que cette réforme, en facilitant potentiellement l’éligibilité de Sonko, pourrait aussi servir les intérêts du président Faye dans la perspective d’une succession maîtrisée. Ousmane Sonko, figure centrale du mouvement, avait vu sa candidature à l’élection présidentielle de mars 2024 invalidée en raison d’une condamnation judiciaire pour diffamation, qui lui avait coûté ses droits civiques.

Une condamnation judiciaire aux conséquences politiques

Condamné en mai 2023 à six mois de prison avec sursis et à des dommages et intérêts, Ousmane Sonko avait vu sa condamnation confirmée par la Cour suprême en janvier 2024. En juillet 2025, un nouveau recours avait été rejeté, laissant planer un doute sur son avenir politique. Pourtant, malgré cette situation, il avait été élu député en novembre 2024 avant de renoncer à son mandat pour se consacrer à ses fonctions de Premier ministre.

La réforme du code électoral, avec son caractère rétroactif, pourrait donc changer la donne pour Sonko. En redéfinissant les règles d’éligibilité, elle ouvre la porte à une participation du leader du Pastef à la présidentielle de 2029, sous réserve de l’application des nouvelles dispositions.