16 septembre 2026
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Un tournant décisif s’opère dans la logistique ouest-africaine. Le Bénin ne se contente plus de jouer son rôle de façade maritime naturelle pour le Niger : il enclenche une mutation stratégique de grande ampleur pour s’imposer comme le carrefour logistique incontournable de la sous-région. Porté par un plan d’investissement structurant et le soutien de partenaires internationaux, Cotonou accélère la modernisation de ses infrastructures routières et douanières. L’objectif est clair : fluidifier le commerce, sécuriser les échanges et capter durablement les flux de marchandises vers le Niger voisin et au-delà.

Un carrefour géographique qui change de dimension

Au cœur du Golfe de Guinée, la position du Bénin constitue un atout économique majeur. Le pays est la façade maritime naturelle du Niger, un État enclavé dont la sécurité d’approvisionnement dépend directement des accès portuaires voisins. Il jouxte également le Nigeria, dont l’essor économique exerce une pression permanente sur les capacités logistiques locales. Conscient de ce rôle charnière, Cotonou a décidé de franchir un cap en modernisant ses infrastructures pour s’affirmer comme la plaque tournante du commerce sous-régional.

Cotoni et Proport : le double levier d’une transformation accélérée

Cette ambition stratégique prend une nouvelle dimension grâce à l’appui direct de partenaires internationaux. L’Union européenne et Enabel, l’agence de coopération belge, déploient un double programme logistique — baptisé Cotoni et Proport — doté d’un financement cumulé d’environ 30 millions d’euros. Une injection de fonds qui vise à transformer en profondeur les corridors de transport et à lever les obstacles chroniques au commerce.

Le projet Cotoni : 729 kilomètres pour désengorger le commerce avec le Niger

Lancé en mai dernier pour une durée de quatre ans, le programme Cotoni (Projet d’appui au développement du corridor Cotonou-Niamey) constitue la clé de voûte de cette transformation. Son objectif principal : moderniser, sécuriser et fluidifier l’artère routière de 729 km reliant le Port autonome de Cotonou à la capitale nigérienne, véritable poumon économique de l’arrière-pays.

Pour garantir des résultats durables, le projet s’articule autour de quatre piliers opérationnels :

  • Une gouvernance renforcée : assurer la pérennité des investissements financiers et financer la maintenance régulière du réseau routier.
  • La sûreté du corridor : sécuriser les trajets pour protéger les transporteurs tout en éliminant les points de blocage inutiles.
  • La facilitation des échanges : interconnecter les réseaux logistiques afin de mieux intégrer les chaînes de valeur locales, notamment dans le secteur agricole.
  • La performance douanière : optimiser la coordination aux frontières grâce à l’amélioration du poste-frontière juxtaposé.

Une synergie régionale qui redessine les flux de marchandises

Ce réseau routier stratégique ne s’arrête pas à la frontière nigérienne : il s’étend également jusqu’aux points de passage vers le Nigeria. À terme, l’objectif est d’offrir aux professionnels du transport un corridor transfrontalier fiable, rapide et sécurisé.

Cette démarche s’inscrit pleinement dans les grandes mutations logistiques régionales. Le projet Cotoni complète les efforts de renouvellement du parc de camions béninois et s’articule avec le futur axe autoroutier Abidjan-Lagos, dont l’ouverture partielle est projetée pour 2030. De plus, la restructuration douanière vise à mettre fin aux dysfonctionnements et retards observés ces dernières années, rétablissant une fluidité indispensable aux échanges inter-états.

Rendez-vous à Cotonou pour le salon Transport Logistique Cotonou (TLC)

L’avenir du secteur se jouera d’ailleurs à Cotonou du 12 au 14 novembre prochain lors de la nouvelle édition du salon Transport Logistique Cotonou (TLC). Organisé au Palais des Congrès en partenariat avec le Port autonome de Cotonou et l’ACAM, l’événement attend plus de 2 000 acteurs économiques de la sous-région.

Pendant trois jours, les décideurs échangeront sur les enjeux du fret africain. En parallèle, des journées « portes ouvertes » permettront aux visiteurs de découvrir les coulisses du port, depuis les quais d’embarquement jusqu’aux accès maritimes. Une vitrine idéale pour un pays déterminé à devenir le moteur logistique de l’Afrique de l’Ouest.