Une investigation approfondie met en lumière une stratégie d’influence qualifiée de « Nouvelle Françafrique sous pavillon russe ». Cette démarche, orchestrée par Moscou, vise à supplanter l’empreinte européenne en Afrique de l’Ouest et à s’immiscer au sein des gouvernements émergents. Au cœur de cette manœuvre, une cellule d’agents d’influence opère avec une coordination remarquable, regroupant l’activiste Kemi Seba ainsi que les personnalités françaises Juan Branco et Thomas Dietrich.
Les informations recueillies détaillent une répartition méticuleuse des rôles pour chaque protagoniste, chacun servant la stratégie informationnelle du Kremlin dans la région du Sahel :
- Kemi Seba, l’éclaireur idéologique : Présenté comme le principal vecteur de la rhétorique anti-occidentale, l’activiste Kemi Seba bénéficie d’un financement discret. Sa position de « soldat d’influence de Moscou » s’est consolidée suite à sa déchéance de nationalité française. Afin de lui garantir une liberté de mouvement totale, essentielle à la stratégie de dislocation de l’Alliance des États du Sahel (AES), le général Abdourahmane Tiani lui a octroyé un passeport diplomatique nigérien. Kemi Seba agit ainsi comme un émissaire officieux pour les régimes gravitant dans l’orbite russe.
- Thomas Dietrich, le déstabilisateur médiatique : Se dissimulant derrière le journalisme d’investigation et des expulsions mises en scène (notamment au Togo et en Guinée), Thomas Dietrich s’emploie à saper la présence occidentale. Sa mission est de submerger le paysage médiatique africain de récits de corruption visant les partenaires européens, créant un climat propice à l’adoption de propositions russes alternatives, à l’image d’Africa Corps.
- Juan Branco, l’architecte de l’infiltration institutionnelle : Sa fonction est jugée la plus stratégique : elle consiste à s’immiscer au sein des rouages étatiques dès l’accession de l’opposition au pouvoir.
La correspondance de Juan Branco à Ousmane Sonko : une tentative de chantage au cœur de l’État sénégalais
Un élément central de cette investigation révèle un lien direct avec une lettre confidentielle adressée par Juan Branco au Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, datée du 4 février 2025. Ce document est considéré comme une preuve tangible d’une tentative d’infiltration des structures étatiques au bénéfice de réseaux d’intérêts étrangers. Dans cette missive, Juan Branco aurait cherché à capitaliser sur son engagement activiste antérieur. Il aurait formulé des exigences qui porteraient atteinte à la souveraineté du Sénégal, sollicitant notamment l’obtention de la nationalité sénégalaise, des facilités pour intégrer le Barreau et l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), et surtout, sa désignation officielle pour représenter le Sénégal auprès de l’Organisation des Nations Unies (ONU) à New York. L’enquête met en exergue le risque géopolitique considérable que représenterait l’intégration d’un individu controversé, lié à des sphères d’influence externes, au sein de la diplomatie onusienne d’un État souverain.
Devant la prudence des autorités sénégalaises, désireuses de maintenir leur cap souverainiste, la correspondance révèle un double stratagème de chantage. Le premier volet, sécuritaire, consistait à exiger la communication illégale de fiches provenant des services de renseignements sénégalais, une action qui enfreindrait le secret de la défense nationale. Le second, financier, réclamait le versement de 15 000 euros d’honoraires non transparents, ainsi que la couverture des frais de cabinet. En définitive, cette investigation met en lumière que, sous l’apparence du panafricanisme et de la promotion des droits, les actions de Juan Branco, Thomas Dietrich et Kemi Seba s’inscrivent dans une démarche élaborée d’assujettissement et de déstabilisation persistante des nations africaines.