14 mai 2026
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Les journalistes échangent avec le directeur Région UEMOA et directeur général d’Ecobank Côte d’Ivoire, Paul-Harry Aithnard

L’industrialisation : un levier indispensable pour l’essor économique de la Côte d’Ivoire

Lors d’un déjeuner de presse organisé à Abidjan-Plateau, le directeur Région UEMOA et directeur général d’Ecobank Côte d’Ivoire, Paul-Harry Aithnard, a souligné l’importance cruciale de l’industrialisation pour propulser l’économie ivoirienne. Selon lui, ce virage stratégique est indispensable si la Côte d’Ivoire souhaite rejoindre le cercle des nations émergentes, à l’image de la Malaisie dans les années 1990.

Paul-Harry Aithnard a illustré son propos par un exemple frappant : « Le PIB actuel de la Côte d’Ivoire s’élève à 100 milliards de dollars. À titre de comparaison, celui de la Malaisie était identique il y a 25 ans. Pourtant, entre 2000 et 2025, ce pays a quadruplé son PIB, atteignant plus de 400 milliards de dollars ». Une performance qui, selon lui, découle directement de sa stratégie d’industrialisation.

Pour concrétiser cette ambition, le directeur général d’Ecobank propose une feuille de route en deux axes principaux :

Développer l’inclusion financière par la digitalisation

Le premier pilier repose sur l’inclusion financière. Paul-Harry Aithnard insiste sur la nécessité de donner à la population les moyens de stocker, transférer et faire fructifier leur argent. « Il est essentiel que les Ivoiriens puissent ouvrir des comptes, effectuer des paiements, épargner et investir, même avec de petites sommes », explique-t-il. Cette transformation passe inévitablement par la digitalisation des services financiers, qui permet d’optimiser les coûts et d’élargir l’accès aux services bancaires.

Mobiliser les acteurs privés pour financer les infrastructures

Le secteur privé, et en particulier le secteur bancaire, a un rôle clé à jouer. Paul-Harry Aithnard souligne l’engagement concret d’Ecobank dans le financement des grands projets d’infrastructures. « Nous avons fait le choix délibéré de soutenir le développement des infrastructures, car elles constituent le socle de toute industrialisation », précise-t-il. Ces investissements permettront d’améliorer la compétitivité du pays et d’attirer davantage de capitaux étrangers.

L’État doit accompagner la transition avec des réformes structurelles

L’Etat n’est pas en reste. Pour que l’industrialisation soit une réussite, il doit créer un environnement propice. Parmi les mesures prioritaires :

  • Renforcer la production d’électricité : Une industrialisation massive nécessite une énergie abondante et stable. La Côte d’Ivoire a déjà réalisé des progrès remarquables dans ce domaine ces dernières années.
  • Améliorer le système éducatif : En mettant l’accent sur les sciences, les technologies et le management, le pays formera une main-d’œuvre qualifiée, capable de répondre aux besoins des industries modernes.

Paul-Harry Aithnard salue d’ailleurs les efforts déjà engagés par les autorités ivoiriennes dans ces deux secteurs. « Les signaux sont encourageants, et les choix stratégiques sont en train d’être posés », conclut-il.

En résumé, l’industrialisation apparaît comme le levier incontournable pour accélérer la croissance de la Côte d’Ivoire. Grâce à une stratégie globale, combinant inclusion financière, financement des infrastructures et réformes structurelles, le pays pourrait, d’ici 25 ans, multiplier par quatre son PIB et s’imposer comme une puissance économique régionale.