7 septembre 2026
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38 jeunes prisonniers recouvrent la liberté au Cameroun après avoir payé leurs contraintes par corps

Libération de prisonniers au Cameroun grâce à une aide financière

Depuis la prison centrale de Bafoussam, plusieurs détenus n’avaient d’autre choix que de purger des peines prolongées en raison de l’impossibilité de régler leurs contraintes par corps. Cette situation, particulièrement fréquente chez les jeunes âgés de 16 à 28 ans, a poussé une organisation locale à agir.

La fondation Françoise Puene pour la liberté, engagée dans l’assistance judiciaire et les actions humanitaires, a pris en charge le paiement des dettes pécuniaires de 38 jeunes condamnés. Cette initiative marque la huitième édition d’un programme lancé en 2014, visant à réduire la surpopulation carcérale et à rétablir des droits fondamentaux.

« Lors de nos missions sur le terrain, nous avons constaté que la prison de Bafoussam comptait une majorité de jeunes, souvent mineurs ou tout juste majeurs », confie Françoise Puene, présidente de l’ONG. « Ces détenus se retrouvent piégés parce qu’ils ne peuvent pas régler les sommes exigées par la justice à l’issue de leur peine ».

Les montants des contraintes par corps, variant entre 40 000 et 150 000 francs CFA (soit 60 à 228 euros), représentent un fardeau insurmontable pour ces jeunes aux ressources limitées. Une fois ces dettes acquittées, ils recouvrent enfin leur liberté, une victoire à la fois juridique et sociale.

Adray Epente Tazeu, secrétaire général des services du gouverneur de la région de l’Ouest, reconnaît l’ampleur du problème : « Nos établissements pénitentiaires souffrent d’une surpopulation chronique, en partie due à l’incapacité de certains détenus à s’acquitter de leurs obligations financières ».

Efred Ngayeu, l’un des bénéficiaires, témoigne de son soulagement : « J’ai passé neuf mois en prison au lieu de six, uniquement parce que je n’avais pas les moyens de payer. Aujourd’hui, grâce à cette aide, je suis libre ».

Le Code de procédure pénale camerounais stipule que tout condamné doit s’acquitter des condamnations pécuniaires ou des restitutions ordonnées par la justice à la fin de sa peine. Pourtant, pour beaucoup, cette exigence se transforme en une peine supplémentaire, prolongeant indéfiniment leur détention.