7 septembre 2026
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Affiche de campagne contre l'excision au Mali

Au Mali, la question de l’excision reste un sujet brûlant, souvent relancé par les associations locales et les organisations internationales. Pourtant, face à cette pression, les autorités maliennes semblent adopter une position de plus en plus ferme pour éviter que le débat ne s’amplifie.

Une pratique ancrée dans les traditions maliennes

L’excision, bien que largement décriée sur la scène internationale, persiste au Mali en raison de son enracinement culturel et social. Cette pratique, interdite par la loi depuis 2002, touche encore des milliers de jeunes filles chaque année, notamment dans les zones rurales. Les campagnes de sensibilisation menées par des ONG peinent à convaincre les communautés locales, où l’excision est souvent perçue comme une norme à respecter.

Malgré les efforts des défenseurs des droits des femmes, le gouvernement n’a jusqu’ici pas engagé de mesures radicales pour éradiquer ce fléau. Les autorités privilégient une approche discrète, évitant toute confrontation directe avec les tenants de cette tradition.

Assimi Goïta et la stratégie de l’apaisement

Depuis son arrivée au pouvoir, le colonel Assimi Goïta a affiché une volonté de modernisation du pays, mais sans remettre en cause les équilibres sociétaux. Face aux critiques internationales, il semble avoir choisi une politique de containment : éviter que le sujet ne devienne un enjeu politique majeur. En limitant la visibilité des débats, les autorités maliennes espèrent ainsi préserver une image de stabilité, malgré les pressions extérieures.

Cette approche prudente s’explique en partie par la sensibilité du sujet. L’excision est souvent liée à des croyances religieuses ou à des traditions familiales, ce qui rend toute réforme difficile. Le gouvernement préfère donc canaliser les discussions plutôt que de les laisser s’envenimer.

Les limites d’une politique de silence

Cependant, cette stratégie de l’omerta pourrait bien s’avérer contre-productive. Les associations de défense des droits des femmes dénoncent une absence de volonté politique, soulignant que le silence des autorités ne fait qu’aggraver la situation. Sans une mobilisation claire et une législation renforcée, l’excision continue de faire des victimes, souvent dans l’indifférence générale.

De plus, les organisations internationales n’hésitent pas à pointer du doigt le Mali, où le respect des conventions internationales semble parfois relégué au second plan. Cette pression constante risque de fragiliser davantage la position du gouvernement, déjà fragilisé par d’autres défis politiques et sécuritaires.

Un enjeu de santé publique

Au-delà des considérations éthiques, l’excision pose un grave problème de santé publique. Les complications médicales liées à cette pratique sont nombreuses : infections, complications lors de l’accouchement, voire décès. Pourtant, malgré ces risques avérés, les mentalités peinent à évoluer. Les campagnes de prévention, bien que nécessaires, restent insuffisantes face à l’ampleur du phénomène.

Le gouvernement malien, conscient de ces enjeux, a annoncé à plusieurs reprises son intention de renforcer la lutte contre l’excision. Mais jusqu’à présent, les actions concrètes se font attendre. Les associations locales appellent désormais à une mobilisation nationale, estimant que le temps des demi-mesures est révolu.

L’espoir d’un changement progressif

Malgré les obstacles, des signes encourageants émergent. Certaines communautés, sous l’influence des jeunes générations et des médias, commencent à remettre en question la légitimité de l’excision. Les initiatives locales, comme les mariages sans excision, gagnent du terrain, même si elles restent marginales.

Pour que ces avancées se généralisent, il faudra sans doute une volonté politique plus affirmée. Le gouvernement d’Assimi Goïta se trouve aujourd’hui face à un dilemme : soit il maintient sa stratégie de silence, au risque d’aggraver la situation, soit il prend enfin des mesures fortes pour éradiquer cette pratique une fois pour toutes.