18 juin 2026
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Le 17 juin 2026, une nouvelle offensive du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) a ciblé un poste des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) dans la région de Ouahigouya, chef-lieu de la province du Yatenga, au nord du Burkina Faso. L’attaque, revendiquée par l’organisation affiliée à Al-Qaïda au Sahel, constitue un nouveau revers pour les autorités de transition.

Arrivé au pouvoir en septembre 2022 sur la promesse de restaurer l’intégrité territoriale, le capitaine Ibrahim Traoré fait face à des interrogations croissantes quant à l’efficacité de sa politique sécuritaire. L’offensive du JNIM à Ouahigouya illustre les difficultés persistantes à contenir la menace jihadiste.

Une approche reposant sur les VDP atteint ses limites

Pour pallier les effectifs insuffisants de l’armée régulière, les autorités ont largement misé sur les Volontaires pour la défense de la patrie. Toutefois, ces unités civiles, souvent déployées dans des zones isolées avec des moyens limités, constituent des cibles privilégiées pour les groupes armés.

L’attaque de Ouahigouya s’ajoute à une série de revers enregistrés ces derniers mois. Malgré les opérations militaires en cours, plusieurs positions demeurent difficiles à sécuriser durablement. De nombreux spécialistes du Sahel estiment que le JNIM conserve une capacité de nuisance importante et une grande liberté de mouvement dans les régions du Nord et de l’Est.

Un bilan éloigné des objectifs annoncés

Les autorités de transition mettent régulièrement en avant les progrès accomplis et l’acquisition de nouveaux équipements, notamment des drones de surveillance et de combat. Pourtant, pour une partie de la population, l’insécurité reste une réalité quotidienne. Plusieurs localités demeurent enclavées et subissent des restrictions imposées par les groupes armés.

Dans ce contexte, des critiques émergent sur l’efficacité de la politique sécuritaire actuelle. Le motif principal qui avait justifié le renversement du pouvoir civil en 2022 – l’incapacité à assurer la protection des populations – revient désormais au centre du débat public.

Alors que Ouagadougou poursuit la réorganisation de ses partenariats au sein de la Confédération des États du Sahel (AES) et prévoit d’intensifier ses opérations en 2026, l’attaque du Yatenga rappelle la difficulté de venir à bout d’un conflit asymétrique par la seule réponse militaire.