23 juin 2026
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Dix années après avoir cédé ses actifs terrestres et quitté le paysage pétrolier gabonais, la multinationale britannique Shell s’apprête à renouer avec le Gabon. La major pétrolière vient de finaliser un accord hautement stratégique avec les autorités de Libreville, marquant une étape décisive pour l’industrie énergétique du pays.

Ce protocole d’accord (MoU) a été signé par Thomas Praeger, responsable de l’exploration et des nouvelles opportunités chez Shell, et Clotaire Kondja, ministre du Pétrole. Ce partenariat traduit une volonté commune de relancer la prospection dans un bassin sédimentaire historique, mais qui recèle encore de nombreuses inconnues.

À l’assaut du potentiel offshore profond

L’accord nouvellement conclu ne constitue pas une reprise immédiate de la production, mais jette les bases d’une phase d’évaluation minutieuse. Shell se voit confier l’étude du potentiel en hydrocarbures de plusieurs blocs offshore. Les eaux gabonaises recèlent en effet des ressources vastes et encore largement sous-explorées, en particulier dans les segments du large et de l’offshore très profond.

Pour la compagnie britannique, ce retour s’inscrit dans une stratégie globale de renouvellement de ses réserves à court et moyen terme, en misant sur des actifs de grande qualité. De son côté, Libreville espère tirer parti de l’expertise technique avancée et de la puissance financière de la major pour redynamiser un secteur extractif qui reste, malgré les efforts de diversification, le moteur économique du pays.

Un regain d’attractivité pour le bassin gabonais

En revenant au Gabon, Shell ne s’aventure pas en terrain inconnu, mais rejoint un cercle d’acteurs de premier plan de plus en plus actif. Le pays d’Afrique centrale parvient à séduire à nouveau les géants mondiaux du pétrole. Shell emboîte ainsi le pas à d’autres supermajors comme l’américain ExxonMobil et le britannique BP, toutes deux attirées par le potentiel sous-marin gabonais. Cette convergence d’intérêts montre que, malgré les évolutions du marché mondial et les impératifs de la transition énergétique, le sous-sol gabonais conserve une compétitivité indéniable.

Pour le gouvernement, l’enjeu à moyen terme sera de convertir ces accords d’évaluation technique en contrats de partage de production fermes. Si les futures données sismiques s’avèrent concluantes, le Gabon pourrait connaître un second souffle pétrolier, indispensable pour consolider son positionnement stratégique dans le golfe de Guinée.