15 mai 2026
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Laurent Gbagbo conserve la présidence du PPA-CI après son congrès historique

Malgré des déclarations récentes évoquant un retrait progressif de la vie politique, Laurent Gbagbo, figure emblématique de la Côte d’Ivoire, a été reconduit à la tête du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) lors de son premier congrès ordinaire. Cette décision, validée par l’acclamation des délégués, marque un nouveau chapitre pour le parti, actuellement fragilisé par des années de boycott électoral et des dissensions internes.

Laurent Gbagbo lors de son discours au Palais des congrès de Treichville

Un parti en quête de renouveau après des années de tensions

À près de 81 ans, Laurent Gbagbo, qui a dirigé la Côte d’Ivoire de 2000 à 2011, a finalement été maintenu à la présidence de son parti. Pourtant, en octobre 2025, il avait clairement exprimé son souhait de se retirer de la vie politique et d’éviter toute fonction officielle. Cette volte-face reflète l’attachement profond de ses partisans, qui l’ont chaleureusement accueilli lors de son arrivée au Palais des congrès de Treichville à Abidjan.

Sa déclaration, aussi brève que symbolique, a résonné comme un remerciement envers ses militants : « Je suis heureux d’être dans cette ambiance chaude, je vous remercie ». Un discours plus détaillé est prévu pour le lendemain à Songon, dans le sud du pays.

Un parti affaibli par les boycotts et les divisions

Le PPA-CI traverse une période difficile. Après avoir boycotté la présidentielle d’octobre 2025, remportée par Alassane Ouattara, le parti n’a pu présenter aucun candidat. Cette absence s’est prolongée lors des législatives de décembre, laissant le parti sans représentation nationale à l’Assemblée. Seuls quelques maires, dispersés dans le pays, maintiennent une présence symbolique.

Les tensions internes n’ont fait qu’aggraver cette situation. Plusieurs figures de proue du parti, comme son ex-épouse Simone Ehivet Gbagbo, Charles Blé Goudé ou encore Pascal Affi N’Guessan, ont rompu avec le PPA-CI, fragmentant davantage la gauche ivoirienne. Cette division a conduit à des mesures disciplinaires : Ahoua Don Mello, qui s’était présenté à la présidentielle contre l’avis du parti, a été exclu, tandis que Stéphane Kipré, élu député en indépendant, a écopé d’une suspension de 18 mois.

Un avenir politique entre amnistie et alliances régionales

La carrière politique de Laurent Gbagbo reste suspendue à un enjeu majeur : sa réinscription sur les listes électorales. Cette possibilité dépendra d’une amnistie accordée par le président Alassane Ouattara, son rival historique depuis la crise post-électorale sanglante de 2011. Sans cette mesure, toute ambition électorale semble compromise.

Par ailleurs, le congrès a adopté une motion de soutien à l’Alliance des États du Sahel (AES), une confédération regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Cette alliance, dirigée par des juntes militaires aux relations tendues avec Abidjan, marque une orientation géopolitique inédite pour le PPA-CI. Cette prise de position a également été saluée par les délégués présents.

Dans ce contexte, l’avenir de Laurent Gbagbo et de son parti reste incertain, entre divisions internes, absence de représentation institutionnelle et enjeux électoraux à venir.