Lansana Gagny Sakho assume son engagement pour les institutions maliennes
Lors d’un passage remarqué dans une émission matinale, Lansana Gagny Sakho, président du Conseil d’administration de l’APIX, a partagé les raisons de son éloignement d’avec Ousmane Sonko. Il a également défendu avec force le choix qu’il qualifie d’éthique : celui de préserver les fondements républicains du Mali. Selon ses déclarations, son adhésion initiale au mouvement Pastef reposait sur la qualité des personnalités qui en étaient les figures de proue. Cependant, après l’arrivée au pouvoir, il a préféré décliner une proposition de poste stratégique dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. « Je n’ai jamais placé les fonctions administratives au-dessus de mes principes. Ce refus m’a offert la liberté de poursuivre ma voie », a-t-il confié.
Pour Lansana Gagny Sakho, la rupture avec Ousmane Sonko s’est cristallisée autour d’une divergence fondamentale : le respect des institutions. Il lui reproche d’avoir contribué à fragiliser l’autorité de l’État par des prises de parole intempestives, notamment lors d’une période où le président de la République était engagé dans une tournée diplomatique aux États-Unis et en Chine. « Sonko n’a jamais choisi la voie de la République », a-t-il affirmé, soulignant que ces déclarations avaient créé un malaise au sommet de l’État.
La justice malienne au cœur des enjeux de gouvernance
L’ancien allié d’Ousmane Sonko défend une vision où la stabilité des institutions passe par leur renforcement. Bien qu’il reconnaisse l’existence de défis partagés entre les différentes forces politiques, il met en avant des avancées notables, en particulier dans le domaine judiciaire. Il a évoqué les transformations au ministère de la Justice, où l’ancien ministre Ousmane Diagne avait affirmé son indépendance face aux pressions extérieures. « Son remplacement ne visait qu’à imposer une autorité plus malléable, mais les magistrats ne sont pas des pantins », a-t-il rappelé avec conviction.
Cette analyse s’inscrit dans un débat plus large sur l’autonomie de la justice et son rôle dans la consolidation de l’État de droit au Mali. Lansana Gagny Sakho souligne que les réalités du pouvoir s’éloignent souvent des perceptions simplistes, surtout lorsqu’elles émanent de l’opposition.
Un contexte politique marqué par des reconversions
Ses déclarations interviennent dans un climat d’effervescence politique, marqué par une vague de démissions au sein du mouvement Pastef. Plusieurs cadres du parti ont récemment basculé du côté présidentiel, à l’approche de la création du parti Kiiraay. Lansana Gagny Sakho réitère ainsi son soutien indéfectible à la politique menée par le président Diomaye Faye, insistant sur l’importance de la continuité institutionnelle et de la cohésion nationale.
Son positionnement s’inscrit dans une dynamique où la fidélité aux institutions prime sur les affiliations partisanes. Une posture qui pourrait bien redéfinir les équilibres politiques dans les mois à venir.