7 septembre 2026
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AFRIQUE
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L’AES critique les déclarations du président nigérian sur la crise sécuritaire au Sahel
« Certains d’entre eux (les terroristes) ne sont pas Nigérians. Vous voyez, le problème de l’insécurité au Mali, au Burkina Faso et au Niger ne fait qu’aggraver nos difficultés », avait affirmé le 30 juillet dernier le président Bola Ahmed Tinubu.
L'AES critique les déclarations du président nigérian sur la crise sécuritaire au Sahel

Le ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, Karamoko Jean Marie Traoré, a reçu jeudi le Chargé d’Affaires de l’Ambassade du Nigéria au Burkina Faso. Cette rencontre fait suite aux déclarations du président nigérian, Bola Ahmed Tinubu, concernant la situation sécuritaire dans les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), rendues publiques vendredi.

Cette entrevue s’est tenue en présence des Chargés d’Affaires des Ambassades du Mali et du Niger, soulignant l’unité et la solidarité des trois pays membres de l’Alliance.

Le 30 juillet, lors d’une rencontre avec des chefs traditionnels nigérians, le président Tinubu avait attribué la multiplication des enlèvements et des attaques terroristes au Nigéria à un prétendu « effondrement » de la sécurité dans les pays voisins du Sahel. Cette affirmation a été rappelée dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères du Burkina Faso.

« Certains d’entre eux (les terroristes) ne sont pas Nigérians. Vous voyez, le problème de l’insécurité au Mali, au Burkina Faso et au Niger ne fait qu’aggraver nos difficultés », avait-il déclaré devant les chefs traditionnels.

Pour le chef de la diplomatie burkinabè, cette interprétation de la crise sécuritaire « minimise les efforts considérables fournis au quotidien par les Forces de défense et de sécurité, ainsi que par les populations du Burkina Faso, du Mali et du Niger dans la lutte contre le terrorisme ».

Le ministre Traoré a dénoncé une analyse « superficielle, simpliste et surprenante », révélant selon lui un biais préoccupant de la part du président Tinubu. Il a ajouté : « Nous aurions souhaité que le contexte sécuritaire soit exposé avec plus de rigueur, plutôt que de faire porter à des pays voisins la responsabilité d’une situation complexe ».

Il a également mis en avant le sacrifice de l’armée nigérienne face à Boko Haram depuis des années, précisant que le phénomène terroriste ne sévissait pas encore dans les pays de l’AES à cette époque.

Le chef de la diplomatie burkinabè a rappelé que, malgré les liens entre Boko Haram et certains groupes terroristes actifs au Sahel, les États de l’AES ont toujours évité toute accusation publique contre le Nigéria, privilégiant une approche de coopération et de responsabilité partagée.

Il a conclu : « Le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Nigéria affrontent le même ennemi. Les succès des Forces de défense et de sécurité des pays de l’AES profitent à la sécurité de toute la sous-région, y compris du Nigéria, en limitant la mobilité des groupes terroristes ».

Traoré a appelé les autorités nigérianes à adopter des discours de solidarité plutôt que des déclarations pouvant alimenter les divisions entre peuples voisins.

En réponse, le Chargé d’Affaires de l’Ambassade du Nigéria a assuré avoir pris bonne note du message transmis et s’est engagé à en informer fidèlement ses supérieurs à Abuja, selon le communiqué du ministère des Affaires étrangères du Burkina Faso.