25 septembre 2026
b33a48c6-e6a3-4e36-b021-934f5787cb3e
Écouter cet article ⏱ ~3 min

Le Gabon déclare la guerre aux absents de l’administration

Un vent de fermeté souffle sur les couloirs de l’administration gabonaise. À l’issue d’un vaste contrôle comptable et biométrique, les autorités de transition ont décidé de frapper fort : 1 473 agents publics ont été écartés pour abandon de poste. Derrière cette annonce spectaculaire, une réalité plus trouble se dessine : celle d’un système où des salaires étaient versés chaque mois à des personnes qui ne pointaient jamais. Certains vivaient à l’étranger, d’autres avaient un second emploi dans le privé, et beaucoup avaient tout simplement déserté leur bureau sans rendre leur badge.

Des économies substantielles pour les caisses de l’État

La mesure ne relève pas de l’anecdote. En supprimant ces 1 473 postes fantômes, le Gabon s’attend à économiser plus de 11 milliards de francs CFA par an, soit environ 16,7 millions d’euros. Une manne financière que l’exécutif promet de réinjecter dans des projets concrets : rénovation des hôpitaux, construction d’écoles et recrutement de véritables enseignants et soignants. L’objectif affiché est clair : transformer une fuite budgétaire en investissement social.

Des syndicats sur leurs gardes

Si une large partie de la population salue ce coup de balai, les organisations syndicales, elles, appellent à la vigilance. Elles redoutent que des agents réguliers soient injustement inquiétés à cause de dysfonctionnements dans la base de données biométrique. Le ministère a tenu à rassurer : les dossiers douteux seront réexaminés au cas par cas. Mais il prévient déjà que les personnes ayant perçu des rémunérations sans travailler pourraient être poursuivies pour rembourser les sommes indûment perçues.

Une remise à plat qui ne fait que commencer

Au-delà des chiffres, cette opération révèle la volonté des autorités actuelles de reprendre le contrôle sur la gestion des finances publiques. Mais renvoyer les absents ne suffira pas. Pour que chaque franc public serve réellement au développement du Gabon, il faudra aussi instaurer des mécanismes de contrôle durables et empêcher le retour de ces mauvaises habitudes. Le chantier ne fait que s’ouvrir.