Les élections présidentielles de 2025 en Afrique ont révélé une stratégie récurrente : l’élimination de l’opposition avant même le début des campagnes électorales. Les derniers scrutins, organisés à quelques jours d’intervalle au Bénin puis à Djibouti, ont illustré cette tendance avec des scores d’une écrasante majorité pour les candidats sortants.
Au Bénin, la victoire du candidat Romuald Wadagni, héritier politique du président Patrice Talon, s’est soldée par un score de 94 % des suffrages. À Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh a obtenu 97,8 % des voix, garantissant un sixième mandat. Des résultats qui soulèvent des questions sur la transparence et la viabilité des processus démocratiques.
Parmi les obstacles majeurs rencontrés par les opposants, les frais de candidature exorbitants se sont imposés comme un verrouillage institutionnel. À Djibouti, le principal adversaire d’Ismaïl Omar Guelleh, Alexis Mohamed, a dû renoncer à sa candidature en raison de ces coûts prohibitifs. Le candidat a évoqué des risques sécuritaires, mais l’aspect financier a été déterminant. Pour les observateurs, ces élections n’étaient qu’une « mascarade électorale », où la compétition était dès le départ entachée d’irrégularités.
Un mécanisme qui étouffe la démocratie
Les candidats à l’élection présidentielle africaine subissent régulièrement des coûts de campagne disproportionnés, rendant toute compétition équitable impossible. Entre frais de dossier, dépôts de garantie et dépenses obligatoires pour assurer une visibilité médiatique, les barrières financières transforment les élections en « joutes réservées aux plus fortunés ».
Cette situation favorise les candidats soutenus par les appareils étatiques, capables de mobiliser des ressources bien supérieures à celles des simples particuliers. Résultat : des scrutins où l’opposition est systématiquement marginalisée, voire exclue, avant même le premier vote.