29 juillet 2026
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Félix Tshisekedi face à la tentation d’un troisième mandat en RDC

Le président congolais Félix Tshisekedi s'exprimant devant la Nation en juin 2026.

La décision de la Cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo (RDC) a mis le feu aux poudres. La loi organisant un référendum pour réviser la Constitution a été jugée conforme aux textes fondamentaux, ouvrant la voie à des changements majeurs. Mais derrière cette validation se cache une question cruciale : et si cette réforme permettait au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat ?

Dès l’annonce du verdict, les réactions se sont multipliées. « Fini le suspense ! », s’est exclamé un média kinois. Pourtant, le débat reste plus que jamais d’actualité. Pour l’opposition, cette loi pourrait servir de tremplin à une modification constitutionnelle visant à prolonger le séjour du chef de l’État au pouvoir. Une interprétation catégoriquement rejetée par le camp présidentiel, qui affirme que la réforme a pour objectif d’améliorer le fonctionnement des institutions.

Félix Tshisekedi, en fonction depuis 2019, doit normalement achever son second mandat en 2028. La Constitution congolaise interdit en effet toute révision du nombre et de la durée des mandats présidentiels. Pourtant, lors d’une conférence de presse en mai 2026, le président a tenu des propos ambigus. « Je n’ai pas sollicité de troisième mandat », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Si le peuple souhaite que j’aie un troisième mandat, j’accepterai ».

L’opposition en première ligne contre une possible révision

La promulgation de la loi référendaire, déjà adoptée par les deux chambres du Parlement, donne désormais à Félix Tshisekedi le pouvoir de concrétiser cette réforme. Une perspective qui fait grincer des dents. Pour l’opposition, cette manœuvre pourrait permettre au président de « remettre son compteur à zéro » et de se représenter pour un troisième mandat.

Depuis plusieurs semaines, les forces politiques oppositionnelles multiplient les initiatives pour bloquer toute velléité de révision constitutionnelle. Elles dénoncent une manoeuvre visant à contourner la limite des deux mandats, pourtant clairement inscrite dans la loi fondamentale.

Le gouvernement, de son côté, reste silencieux sur les craintes de l’opposition. Pourtant, les propos tenus par Félix Tshisekedi en mai ont alimenté les spéculations. Le chef de l’État n’a jamais totalement écarté l’hypothèse d’un troisième mandat, conditionnant sa réponse à la volonté du peuple.

L’Église catholique s’oppose fermement à tout changement

Parmi les acteurs qui montent au créneau contre cette réforme, l’Église catholique occupe une place centrale. En RDC, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a pris position avec une fermeté rare. Dans un communiqué sans équivoque, les évêques congolais ont affirmé ne voir « ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité » de modifier la Constitution.

Cette prise de position rappelle des épisodes similaires. En 2018, les Églises avaient joué un rôle déterminant pour empêcher Joseph Kabila de briguer un troisième mandat. Sous la pression de la rue et des partenaires internationaux, l’ancien président avait finalement cédé, malgré ses velléités de maintien au pouvoir.

Un dialogue politique en question

Face à la polarisation du débat, Félix Tshisekedi a chargé les confessions religieuses d’organiser un dialogue politique. Les contours de cette initiative restent flous, notamment sur son inclusivité et ses objectifs réels.

Les attentes divergent entre les différentes parties prenantes. Le gouvernement souhaite axer les discussions sur la cohésion nationale, en particulier la lutte contre l’agression rwandaise. L’opposition, en revanche, insiste pour que la question de la révision constitutionnelle soit au cœur des échanges.

Les observateurs s’interrogent : ce dialogue ne servira-t-il pas, une fois de plus, à affaiblir l’opposition sous couvert de partage du pouvoir ? Une chose est sûre : la tension ne retombe pas, et le débat sur l’avenir politique de la RDC reste plus que jamais ouvert.