La Chine a lancé un appel pressant à la communauté internationale pour qu’elle s’attaque résolument aux causes profondes du conflit qui déchire l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Pour Pékin, l’exploitation illicite des richesses naturelles demeure un moteur majeur de l’instabilité dans la région des Grands Lacs.
Devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, l’ambassadeur chinois Fu Cong a rappelé la persistance du conflit dans l’Est congolais, soulignant que la résurgence de l’épidémie d’Ebola aggrave encore la situation sécuritaire et humanitaire. Il a insisté sur la nécessité d’une action collective pour inverser la tendance.
Le diplomate a mis en avant l’urgence de traiter les racines économiques du conflit. Selon lui, les ressources naturelles abondantes de la RDC auraient dû servir de levier au développement national, mais elles sont pillées par des groupes armés et alimentent un trafic qui entretient la violence.
« Les ressources naturelles abondantes de la RDC auraient dû être à la base d’un développement national, mais elles sont pillées par des groupes armés et font l’objet d’un trafic qui est la source du conflit », a déclaré le représentant chinois le 26 juin.
Pékin préconise une meilleure gouvernance du secteur minier comme levier de paix. Fu Cong a affirmé que la Chine soutient les pays de la région dans l’établissement d’une coopération minière transparente et inclusive afin de briser la spirale du commerce illicite.
Il a également exhorté le Conseil de sécurité à renforcer son soutien aux mécanismes régionaux pour améliorer la transparence et la traçabilité des exportations de ressources.
L’ambassadeur a lancé un avertissement clair aux puissances extérieures :
« Les grandes puissances n’appartenant pas à la région devraient s’abstenir de traiter les ressources naturelles comme une monnaie d’échange dans le règlement des problèmes régionaux. Il faut promouvoir une coopération ouverte, sans logique de somme nulle, afin que les populations bénéficient du développement et de l’exploitation des ressources naturelles. »
Le conflit qui sévit depuis plus de trois décennies dans l’Est de la RDC est étroitement lié aux enjeux de prédation économique. Le contrôle de sites miniers stratégiques comme celui de Rubaya par des groupes armés, dont l’AFC/M23, alimente un commerce illicite de minerais vers les pays voisins. Kinshasa dénonce depuis longtemps une « guerre économique » menée par le Rwanda via des « supplétifs », ce que Kigali rejette fermement.
Les États-Unis ont facilité la signature de l’Accord de Washington entre la RDC et le Rwanda, visant à répondre aux préoccupations sécuritaires et économiques. Cependant, sa mise en œuvre peine à produire des résultats, chaque partie accusant l’autre de ne pas respecter ses engagements.
Dans le cadre du processus de Doha, mené sous l’égide du Qatar pour favoriser un dialogue direct entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23, les avancées concrètes restent limitées et la situation sécuritaire sur le terrain demeure inchangée.