24 juin 2026
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Les chiffres officiels font état de 1 003 cas confirmés et 254 décès en République démocratique du Congo, ce qui correspond à un taux de létalité de 25,3 %. La grande majorité des patients se trouve dans la province de l’Ituri, une région reculée du nord-est en proie à des violences armées. Cette province concentre 91,3 % des cas et 80,7 % des décès.

Les capacités de dépistage, initialement très limitées, ont été renforcées, ce qui explique en partie l’augmentation du nombre de cas recensés. Cependant, les organisations humanitaires et les ONG présentes sur le terrain estiment unanimement que les chiffres officiels restent en deçà de la réalité.

Trois provinces sont actuellement touchées : l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, où vivent environ 15 millions d’habitants. Le virus a également franchi la frontière ougandaise, avec vingt cas confirmés et deux décès.

Riposte sanitaire : des progrès mais des obstacles persistants

Dans l’Ituri, les mesures de riposte reposant sur l’isolement des malades et le suivi des contacts se sont intensifiées, mais elles restent difficiles à coordonner. Aucun vaccin ni traitement n’est disponible contre le virus Bundibugyo, responsable de cette épidémie. Les vaccins existants ne protègent que contre le virus Zaïre, à l’origine des plus grandes épidémies d’Ebola connues.

Dès les premières semaines, les hôpitaux locaux ont été rapidement submergés. Les centres de traitement mis en place avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et plusieurs ONG affichent déjà un taux d’occupation supérieur à 80 %. Les structures sanitaires, souvent démunies dans ce pays parmi les plus pauvres du monde, souffrent encore d’un manque d’équipements de protection et de chlore, plus d’un mois après la déclaration officielle de l’épidémie. On dénombre 78 soignants contaminés et 18 décès.

Les équipes médicales et humanitaires doivent faire face à une méfiance marquée des populations locales. Le refus de prélèvements post-mortem contribue à une sous-estimation des cas. Plusieurs incidents ont éclaté dans des hôpitaux ces dernières semaines, provoqués par des proches furieux venus réclamer les corps des défunts. Les experts sur le terrain estiment que le pic de l’épidémie n’a pas encore été atteint et redoutent que la crise sanitaire ne dure entre six mois et un an.

« L’épidémie a été déclarée environ deux mois après les premiers décès suspects signalés autour du 20 mars. Durant ce laps de temps, la maladie s’est propagée sans contrôle dans des proportions que nous ne connaissons pas », explique un représentant d’une organisation humanitaire internationale sous couvert d’anonymat.