9 juin 2026
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L’Union européenne et trois agences européennes de développement ont officialisé, mardi à Rabat, un financement de 348 millions d’euros pour renforcer le secteur de l’eau au Maroc. Cette enveloppe, représentant près de 3,7 milliards de dirhams, servira à concrétiser un programme dédié à l’accès à l’eau potable et à l’irrigation des terres agricoles, notamment en milieu rural.

La convention a été paraphée au ministère de l’Équipement et de l’Eau par le ministre Nizar Baraka, en présence des ambassadeurs de l’Union européenne, de la France, de l’Allemagne et de l’Italie en poste au Maroc. Ce partenariat, d’une durée de trois ans, s’inscrit dans la continuité de l’accord signé en novembre 2024, lors de la rencontre entre le roi Mohammed VI et le président français.

Plusieurs institutions européennes participent à ce projet : l’Agence française de développement (AFD), la banque publique allemande de développement KfW et la Caisse des dépôts et prêts italienne (CDP). L’AFD, en tant que coordinatrice du projet, a joué un rôle clé dans la mobilisation des fonds et l’avancement des travaux. Le nouvel ambassadeur de France au Maroc, Philippe Lalliot, a marqué sa première participation officielle en saluant l’engagement de l’AFD et rappelant les quelque un milliard d’euros déjà investis par la France dans le secteur de l’eau au Maroc.

Dimiter Tzantchev, ambassadeur de l’Union européenne au Maroc, a souligné l’importance accordée à la gestion de l’eau, particulièrement dans un contexte de changement climatique. « L’Union européenne place la question hydrique au cœur de ses priorités », a-t-il déclaré. Les fonds alloués permettront d’étendre l’accès à l’eau potable et d’améliorer l’irrigation des zones rurales, renforçant ainsi la résilience agricole du pays.

Lors de l’événement, Nizar Baraka a exposé les grandes lignes de la stratégie nationale de l’eau, impulsée par le roi Mohammed VI. « Notre approche repose sur 26 barrages en exploitation, irriguant environ 1,5 million d’hectares », a-t-il indiqué. Le Maroc vise également à porter à 60 % la part de son approvisionnement en eau potable issue du dessalement d’ici peu. « Sans maîtrise de l’eau, aucune souveraineté n’est possible », a-t-il martelé.

Le ministre a réaffirmé l’engagement du ministère à appliquer ce programme avec une gouvernance axée sur l’efficacité et la transparence, remerciant les ambassadeurs pour leur appui. De son côté, l’ambassadeur d’Allemagne a mis en avant la qualité de la coopération maroco-allemande, notamment via la KfW, acteur central dans ce secteur stratégique. Alors que sa mission au Maroc touche à sa fin, il a salué l’impact des projets menés dans le domaine de l’eau.

Ce financement européen marque une étape supplémentaire dans la lutte contre le stress hydrique au Maroc. En combinant dessalement, construction de barrages, modernisation de l’irrigation et sécurisation de l’approvisionnement rural, le pays renforce sa sécurité hydrique, agricole et sociale. Une avancée majeure pour l’avenir des générations futures.