15 mai 2026
FILE PHOTO: Anti-LGBT demonstrators march through the streets during a protest calling for tougher action in Dakar

FILE PHOTO: SENSITIVE MATERIAL. THIS IMAGE MAY OFFEND OR DISTURB. Anti‑LGBT supporters march through the streets during a protest calling for tougher action after authorities detained people for what police said were crimes including same‑sex intercourse and intentional HIV transmission, and about a dozen others, in what police said was a child‑abuse network, in Dakar, Senegal, February 14, 2026. REUTERS/Zohra Bensemra/File Photo

Au Sénégal, la situation des personnes LGBT + s’est dramatiquement dégradée ces derniers mois. Un ingénieur français de 30 ans, résidant à Dakar, est incarcéré depuis le 14 février pour des faits liés à son homosexualité. Les accusations portées contre lui incluent également des charges de blanchiment de capitaux et de transmission du VIH, dans le cadre d’une vague répressive sans précédent.

Ce ressortissant français a été interpellé lors d’une opération ciblant les personnes perçues comme non conformes aux normes sociales. Les autorités locales ont justifié son arrestation par des actes qualifiés de « contre-nature », une qualification juridique désormais renforcée par une loi récente.

une loi controversée durcit les peines contre l’homosexualité

Le Sénégal a adopté début mars une législation visant à sanctionner les relations homosexuelles de cinq à dix ans de prison. Promulguée fin mars par le président Bassirou Diomaye Faye, cette loi s’inscrit dans un contexte de montée des discriminations envers la communauté LGBT +. Les autorités y voient une réponse aux attentes d’une partie de la population, tandis que les défenseurs des droits humains dénoncent un recul des libertés fondamentales.

Cette nouvelle disposition s’ajoute à une série d’arrestations pour homosexualité présumée, reflétant une homophobie croissante dans le pays. Les relations entre personnes du même sexe y sont considérées comme une infraction grave, et leur répression est devenue une priorité pour le gouvernement.

la France suit de près le cas de son ressortissant

Les autorités françaises ont réagi avec fermeté. L’ambassade de France à Dakar assure un suivi constant de la situation de ce Français détenu. Le consulat a déjà effectué quatre visites de protection consulaire, tout en maintenant un contact étroit avec sa famille. À Paris, le ministère des Affaires étrangères a réaffirmé l’engagement de la France en faveur du respect des droits humains, notamment ceux des personnes LGBT +.

Dans un communiqué, la diplomatie française a rappelé son opposition à toute forme de discrimination fondée sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre. Elle a également réitéré son soutien à la dépénalisation universelle de l’homosexualité, soulignant l’importance de lutter contre les préjugés et les violences homophobes.

contexte politique et social explosif

Cette affaire survient dans un climat politique et social déjà tendu. Le durcissement des peines contre l’homosexualité s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer l’influence du pouvoir en place. Pourtant, cette mesure risque d’aggraver les tensions et d’isoler davantage le pays sur la scène internationale, où les droits des minorités sont de plus en plus protégés.

Les observateurs s’interrogent sur les conséquences de cette politique répressive. Alors que le Sénégal cherche à affirmer son rôle en Afrique de l’Ouest, cette approche pourrait nuire à son image et à ses relations diplomatiques.