7 septembre 2026
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L’interpellation au mois d’août 2026, puis leur incarcération officielle ce lundi 17 du même mois, de deux professionnels des médias français en territoire togolais, illustre une intensification des tensions sécuritaires et des tensions bilatérales entre Lomé et Paris. Sébastien Perez Pezzani et Gaël Mocaër, arrêtés alors qu’ils tournaient un documentaire dans le nord du Togo, font désormais l’objet d’un mandat de dépôt. Ce qui devait n’être qu’une simple affaire administrative s’est transformé en un dossier aux relents politiques évidents.

Le prétexte sécuritaire pour museler les regards étrangers

Les autorités togolaises justifient leur décision par des manquements supposés aux règles d’accréditation et aux conditions de leur visa. Pourtant, derrière cette façade administrative se cache une volonté claire de verrouiller l’espace médiatique :

  • Une zone sous haute surveillance : Le nord du Togo, régulièrement exposé aux incursions de groupes armés en provenance du Sahel, est placé sous un régime d’urgence sécuritaire. L’accès à l’information y est strictement encadré, et tout reportage indépendant y est désormais interdit sans autorisation préalable.
  • Un précédent révélateur : Cette arrestation rappelle celle, suivie d’une expulsion rapide, du journaliste français Thomas Dietrich en avril 2024. Elle confirme la défiance croissante des autorités togolaises envers les reporters étrangers, perçus comme des vecteurs de déstabilisation potentielle.

Une stratégie de pression diplomatique déguisée

Au-delà des arguments officiels, cette détention semble servir d’outil de négociation dans un jeu d’influence plus large entre Lomé et Paris :

  • La question des opposants exilés : Le régime du président Faure Gnassingbé chercherait à utiliser la détention des deux Français comme monnaie d’échange pour obtenir des concessions de la part de la France, notamment concernant Ferdinand Ayité, un journaliste togolais en exil et figure critique du pouvoir.
  • Un rapport de force déséquilibré : En maintenant ces réalisateurs sous les verrous, Lomé tente de renverser la dynamique diplomatique, au mépris des répercussions sur son image internationale.

La liberté d’expression étouffée, un outil de contrôle politique

En s’attaquant aux journalistes internationaux après avoir déjà muselé la presse locale indépendante, le gouvernement togolais confirme sa stratégie de maîtrise totale du récit médiatique national. Alors que les négociations en coulisses s’intensifient pour obtenir leur libération et leur rapatriement, cette affaire révèle une fois de plus les méthodes d’un régime prêt à instrumentaliser la privation de liberté à des fins politiques.