Au Sénégal, plus de six femmes sur dix déclarent avoir été ciblées par des campagnes de désinformation spécifiquement conçues pour les discréditer en attaquant leur corps, leur sexualité ou leur vie privée plutôt que leurs idées. Une violence numérique aux conséquences dramatiques sur leur participation à la vie publique.
Une forme de désinformation différente et particulièrement violente
Contrairement à la désinformation classique qui cible les hommes sur des sujets politiques ou économiques, la désinformation genrée au Sénégal et en Côte d’Ivoire se concentre sur des attaques personnelles. Selon une étude récente, 61 % des femmes interrogées dans ces deux pays affirment en avoir été victimes. « On n’attaque pas leurs idées, mais leur légitimité par le biais de leur moralité ou de leur vie intime », explique une experte en droits des femmes.
Les femmes politiques, journalistes, militantes et personnalités publiques sont les principales cibles. Les accusations portées contre elles sont systématiquement liées à des stéréotypes sexistes : relations intimes avec des cadres de parti pour les femmes politiques, financement par l’étranger pour les journalistes, ou soutien de l’Occident pour les militantes.